Du geste au territoire, de Pompéi aux Pyrénées : archéologie des pratiques et du quotidien
Les programmes conduits à Pompéi (Porta Nocera) et à Saint-Bertrand-de-Comminges/Valcabrère s’inscrivent dans un même renouvellement de l’enquête archéologique, fondé sur l’attention aux pratiques et aux dynamiques concrètes de fabrication des espaces.
Il s’agit de déplacer le regard : du monument vers les individus qui le construisent et l’habitent, des grandes périodisations vers le temps vécu des gestes ordinaires.
À Porta Nocera, l’archéologie du geste restitue, au plus près, les pratiques funéraires. L’enregistrement micro stratigraphique permet de suivre les séquences – de la crémation à la mise au tombeau et à la commémoration – et d’en saisir la logique rituelle, sociale et mémorielle. La tombe apparaît ainsi comme un dispositif dynamique, où se construisent les relations entre vivants et morts dans l’espace public.
À Saint-Bertrand-de-Comminges, l’analyse change d’échelle pour comprendre la transformation d’un territoire de l’Antiquité à aujourd’hui. Fouilles, prospections (LiDAR, radar) et analyses environnementales permettent de restituer l’évolution d’une ville romaine qui retourne aux champs au Moyen Âge. L’archéologie étend également son champ d’investigation aux transformations récentes du territoire, de l'exode rural et de la fin de la civilisation paroissiale aux mutations liées à la révolution agricole, jusqu’aux reconfigurations environnementales contemporaines.
Dans ces deux contextes, l’archéologie vise à comprendre comment les pratiques ordinaires font société.
William Van Andringa, directeur d'études à l’EPHE – PSL, directeur des programmes conduits à Pompéi (Porta Nocera) et à Saint-Bertrand-de-Comminges/Valcabrère.
En savoir plus sur les archéologies de l’EPHE – PSL. Un voyage inédit depuis la Méditerranée jusqu’en Asie en passant par les Balkans, le Proche et Moyen-Orient et l’Outre-mer.
26 octobre 2026