Claire Denis

Claire Denis : expérimenter, apprendre, évoluer

Cette semaine, nous avons rencontré Claire Denis, assistante ingénieure CNRS au sein de l’Institut Pasteur. Elle aspire à une évolution de carrière en obtenant le diplôme de SVT de l’EPHE – PSL. Elle évoque avec nous son parcours.

Pouvez-vous présenter ?

Je suis expérimentatrice à l’Institut Pasteur dans l’équipe « Dynamique du génome » depuis bientôt 16 ans. Mon rôle est de mettre en place le dispositif expérimental répondant aux questions scientifiques posées par l’équipe : préparation et réalisation des expériences, mise au point des protocoles, traitement des résultats. Une grande partie de mon travail est donc à la paillasse.

 

À quel moment vous êtes-vous décidée à faire de la recherche ?

Le hasard. Au collège, à Paris, j’ai eu la chance d'avoir un professeur de biologie passionné. Il ouvrait le laboratoire le samedi matin pour les étudiants motivés. C’était mon cas. À l’époque nous faisions des observations au microscope (paramécies, cellules de plantes...) mais aussi des observations comportementales d’animaux (rats, serpents, poissons). J’en garde un excellent souvenir.

 

Quel a été votre parcours ?

Après un BAC scientifique, j’ai poursuivi avec un BTS en Bio-analyses et Contrôles. J’ai ensuite opté pour une licence professionnelle en apprentissage dans le domaine des Industries Chimiques et Pharmaceutiques. Pour mon apprentissage, j’ai eu la chance d’être sélectionnée par l'Institut Pasteur, où ma maîtresse de stage travaillait en recherche fondamentale en virologie. Mon diplôme de licence en poche, j’ai postulé à un concours externe du CNRS en 2010 et j’ai obtenu le poste que j’occupe actuellement.

 

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre activité de recherche ?

Fondamentalement, l’enjeu est de comprendre quels mécanismes interviennent dans la réparation des dommages causés à l’ADN dans des cellules qui ne se divisent plus – les cellules dites « quiescentes » – pour maintenir la stabilité du génome, sous peine d’entrainer une dégénérescence des tissus ou le développement d’un cancer. Pour cela, nous utilisons un organisme modèle : la levure Schizosaccharomyces pombe.

 

Avez-vous pu voir l’évolution de votre poste durant toutes ces années ?

À mon arrivée dans l’équipe, je travaillais directement avec le chef d’unité. D’autres chercheurs nous ont rejoint quelques années après et j’ai beaucoup appris à leurs côtés. Maintenant, c’est moi qui forme les arrivants (stagiaires, doctorants) ! Je suis un peu la mémoire du laboratoire. Petit à petit, on accumule de nouvelles responsabilités.

Sur le plan scientifique, mon équipe me fait confiance pour mener à bien mes expérimentations et je suis autonome dans l’organisation de mon emploi du temps. Avec mes années d’expériences, j’ai fini par m’affirmer et dernièrement, j’ai pu présenter mes résultats lors d’événements scientifiques, aussi bien des posters que des présentations orales. Il est tant désormais de passer au grade d’ingénieur d'études.

 

Pour quelle raison avez-vous choisi le diplôme de SVT de l’EPHE ?

Mon laboratoire fermant en 2028, j’ai décidé de consolider mes connaissances théoriques et d’explorer d’autres thématiques avant de gagner une nouvelle équipe. J’ai pris contact avec Jessie Colin, maîtresse de conférences à l’EPHE – PSL et elle m’a confirmé que mon profil correspondait à cette formation, alors je me suis lancée dans l’aventure.

 

Que retenez-vous de ces deux premières années ?

Les deux premières semaines de cours ont été difficiles : la prise de notes, la station assise prolongée... ne faisaient plus vraiment partie de mon quotidien. Mais avec l’aide de la machine à café, j’ai fini par prendre le rythme. Les analyses bibliographiques m’ont permis de développer mon sens critique et d’améliorer la rédaction de mes rapports. Avec les UEs déjà suivi, j’ai pu voir un aperçu d’autres domaines de recherche, comme je le souhaitais, avec des intervenants passionnés qui sont au cœur des laboratoires.

 

Quel conseil donneriez-vous pour suivre ce diplôme ?

De sauter le pas ! Surtout si on a la chance d’avoir une équipe pour nous porter dans notre projet de recherche. Ou ne serait-ce que pour s’ouvrir à de nouveaux champs disciplinaires et rencontrer des gens passionnés par la recherche. Je me réjouis de découvrir prochainement deux autres « UEs » sur des sujets très éloignés de mes compétences actuelles. Il faut enfin être rigoureux et curieux, croire en soi et toujours garder le goût d’apprendre.

 

La preuve par trois

3 mots clefs : Engagement, Persévérance, Joie

 

8 septembre 2026