diplôme

Avis de soutenance HDR - Jean-Hervé FOULON

04 mai 2024

Informations pratiques
04 mai 2024
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Jean-Hervé Foulon présentera ses travaux en vue de l'obtention de l'habilitation à diriger des recherches (HDR).

Titre des travaux : Église, vie religieuse et culture en France aux XIe-XIIe siècles. 

Lieu de soutenance : Sorbonne, salle Delamarre, 17 rue de la Sorbonne, escalier E, 1er étage, 75005 Paris. 

Date et heure : 4 mai 2024, 14h00. 

Membres du jury : Nicolangelo D'Acunto, Philippe Depreux, Véronique Gazeau, Élisabeth Lorans, Laurent Morelle, Patrick Henriet (garant).

 

Conformément aux normes de la discipline, le dossier d’habilitation à diriger des recherches comporte trois parties : un mémoire de synthèse résumant l'itinéraire et les activités de recherche poursuivies durant une trentaine d'années (121 p.) ; un florilège de trente-quatre articles répartis en deux volumes (1158 p.) ; enfin, un mémoire inédit intitulé : Saint Martin de Tours entre Histoire et Hagiographie (fin XIe siècle-début XIIIe siècle). Les sources narratives tourangelles : la collégiale Saint-Martin et l'abbaye de Marmoutier (430 p.).

 

Les principaux axes de la recherche ont été répartis autour de six thématiques qui structurent le mémoire de synthèse et le recueil d’articles : les sources, un enjeu essentiel pour l'historien ; l'Église dans le monde féodal entre stratégies politiques et enjeu du salut ; formes et acteurs de la vie religieuse (moines, ermites et chanoines réguliers) ; ecclésiologie et réforme du clergé séculier ; liturgie et investitures ; mentalités et spiritualité.

 

Le mémoire inédit s'est attaché à enquêter sur les sources narratives tourangelles de façon à restituer à chaque communauté (les chanoines de Saint-Martin et les moines de Marmoutier) les œuvres qui leur reviennent. Le volume comprend une édition-traduction de la production de la collégiale, qui oscille entre histoire et hagiographie (Histoire de la translation en Bourgogne du corps de saint Martin ; Miracles survenus sur son tombeau après son retour ; Vie des Sept Dormants, « cousins » de Martin), et l'édition latine des œuvres de Marmoutier, plus nombreuses mais moins diffusées (sources polémiques, sources historiographiques et sources hagiographiques). L'un des grands intérêts de cette enquête est de permettre de saisir combien les sources, selon leur nature ou leur objet, peuvent fonctionner comme une fenêtre, en ouvrant sur le passé d'une société, mais également comme un miroir en reflétant les préoccupations culturelles d'une époque. Il importe pour l'historien d'y demeurer attentif. Si certains dossiers (le chevalier Herluin, fondateur de l'abbaye du Bec ; le duc Guillaume IX d'Aquitaine ; le prédicateur Geoffroy Babion, etc.) permettent d'approcher l'homme en lui-même, « gibier » privilégié de l'historien (M. Bloch), d'autres témoignent davantage des mentalités du temps. D'un point de vue positiviste, nos textes martiniens du XIIe siècle paraissent bien décevants, ils révèlent toutefois leur richesse en permettant d'appréhender à la fois les aspirations d'un peuple tourangeau épris de merveilleux, les intérêts bien compris des communautés religieuses, l'émergence des bourgeois dans le champ politique et les aspirations de l'aristocratie en matière de salut, de mémoire généalogique et de parenté. C'est ainsi toute une société urbaine qui surgit en pleine lumière et l'identité d'un pays, la Touraine, qui prend forme autour de son saint patron, « véritable perle et trésor unique », le grand Martin, par apostolis.