Avis de soutenance HDR - Fabio ARMAND
03 mars 2026
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Fabio ARMAND présentera ses travaux en vue de l'obtention de son habilitation à diriger des recherches (HDR).
Titre des travaux : A la lisère des terres sauvages. Ethnographie de la pratique chamanique du ḍhum dans la vallée de la Machhā Kholā (Laprak, Népal)
Lieu de soutenance : Maison de l'Asie, Grand salon, 22 avenue du Président Wilson 75116 Paris
Date et heure : 03 mars 2026 à 14h
Membres du jury : Martin GAENSZLE, Anne DE SALES, Lidia GUZY, Chiara LETIZIA, Ülo VALK, Charles RAMBLE (garant)
Le dossier scientifique présenté en vue de l’obtention de l’Habilitation à diriger des recherches se compose d’un mémoire de synthèse sur mon activité de recherche, d’une sélection de travaux publiés entre 2013 et 2025 comprenant dix-sept titres, et d’un mémoire inédit intitulé A la lisière des terres sauvages. Ethnographie de la pratique chamanique du ḍhum dans la vallée de la Machhā Kholā (Laprak, Népal).
Le mémoire de synthèse, intitulé Langue, culture et cognition dans les terres hautes des Alpes et de l’Himalaya, retrace un parcours d’« inalpages » culturels qui m’a conduit des Alpes valdôtaines, lieu de ma naissance, aux hautes terres de l’Himalaya népalais. Il expose le cheminement intellectuel ayant amené à l’élaboration d’une anthropologie neurocognitive transculturelle, mettant en relation les systèmes neurocognitifs humains et les contextes culturels qui les façonnent. Cette démarche explore l’origine cérébrale des ontologies dites « surnaturelles » et les fondements neuraux des chamanismes, tout en ouvrant une réflexion sur les langues minoritaires du Népal et des Alpes et sur les équilibres fragiles de leur transmission, où le francoprovençal, ma langue maternelle, occupe une place particulière.
Le manuscrit inédit ouvre un horizon de recherche nourri par la « longue durée » de l’enquête ethnographique de terrain que j’ai menée à Laprak, dans la vallée de la Māchhā Kholā, au Népal. Il donne voix à une communauté de montagne peu documentée, les Gurungs orientaux ou Ghales, en explorant les modes de construction et d’expression de l’identité locale, tels qu’ils se déploient à travers les catégories ethniques produites et mobilisées par les acteurs eux-mêmes. S’appuyant sur des données ethno-historiques, l’analyse examine les récits d’origine et les structures sociales du village et de la vallée. Elle expose ainsi des éléments venant nourrir la réflexion autour de l’« énigme ghale » évoquée notamment par Wim van Spengen. La partie centrale de la monographie propose une ethnographie du chamanisme lapraki, organisé autour de la figure du ḍhum et des médiations rituelles qui structurent les relations entre humains et entités autres qu’humaines. Ancrée dans la liminalité des forêts et des terres hautes, l’analyse de la cosmologie locale révèle une manière particulière d’habiter le monde, où le rituel devient le lieu d’une négociation permanente entre différentes formes d’existence.