Avis de soutenance - doctorat - Roberto ZAMBIASI
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Ecole doctorale 472
Palazzo Nuovo - Università degli Studi di Torino
Via Sant'Ottavio 20, 10124 Torino (TO), Italie
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Soutenue par
Roberto ZAMBIASI
'Minima sensibilia'. Le débat latin médiéval (ca. 1250-ca. 1350) et ses racines.
La thèse porte sur l'un des sujets les moins étudiés de la philosophie de la nature aristotélicienne latine médiévale (ca. 1250-ca. 1350), à savoir le soi-disant sujet des "minima sensibilia". Si, comme il est affirmé notamment dans "Physique" VI, les grandeurs sont infiniment divisibles en puissance, un dilemme se pose quant aux limites de divisibilité des qualités sensibles à travers la division de la matière (considérée comme une grandeur étendue) à laquelle elles sont unies. Soit les qualités sensibles sont aussi infiniment divisibles en puissance (mais cela implique que les sens doivent avoir un pouvoir infini pour les percevoir, contrairement à un présupposé aristotélicien fondamental concernant les limites de tout pouvoir existant dans la nature), soit elles ne sont pas infiniment divisibles en puissance (dans ce cas, cependant, il y aurait des portions de matière qui ne peuvent être connues ni par les sens ni, évidemment, par l'intellect, et, ce qui est pire, les entités sensibles seraient finalement composées par elles, ce qui est tout à fait inacceptable dans la vision du monde aristotélicienne). Pour résoudre le dilemme, Aristote, au chapitre 6 du "De sensu et sensato" (445b3-446a20), fait usage de la distinction entre acte et puissance, affirmant que les qualités sensibles sont infiniment divisibles en puissance en tant que parties du tout auquel elles appartiennent, mais qu'il y a des quantités minimales de matière qui peuvent exister en acte par elles-mêmes douées de leurs qualités sensibles. La thèse examine la réflexion menée par les commentateurs latins médiévaux au "De sensu et sensato" (toujours lus en relation avec leurs sources grecques et islamiques) sur le sujet des "minima sensibilia", en l'utilisant comme une perspective privilégiée pour étudier à partir d'un point de vue nouveau et original la conception latine médiévale de l'ontologie et de l'épistémologie des qualités sensibles. En effet, à travers un examen attentif du débat (qui s'accompagne d'une reconstruction approfondie de la tradition manuscrite des commentaires latins médiévaux au "De sensu", qui ont jusqu'à présent été largement négligés par les chercheurs), il est démontré que les commentateurs latins médiévaux développèrent progressivement une conception selon laquelle les qualités sensibles peuvent exister par elles-mêmes dans le monde naturel sans être perceptibles en acte en raison de la petitesse de la matière à laquelle elles sont unies. De telles qualités sensibles (que l'on appelle parfois "insensibilia propter parvitatem") peuvent néanmoins devenir perceptibles en acte en s'unissant les unes aux autres. Grâce à ce développement fondamental, non seulement les qualités sensibles commencèrent à être comprises dans une large mesure indépendamment de leur rôle dans la perception, mais le monde sensible devint soudainement beaucoup plus étendu que le monde perceptible par les sens, avec pour conséquence que la confiance en la capacité humaine à connaître sa structure ultime a commença à se désintégrer.
'Minima sensibilia'. The Medieval Latin Debate (ca. 1250-ca. 1350) and Its Roots.
The thesis focuses on one of the least studied topics in Medieval Latin Aristotelian natural philosophy (ca. 1250-ca. 1350), i.e., the so-called topic of "minima sensibilia". If, as claimed most notably in "Physics" VI, magnitudes are (potentially) infinitely divisible, a dilemma arises with respect to the limits of the divisibility of sensible qualities through the division of the matter (considered as an extended magnitude) with which they are united. Either sensible qualities are also (potentially) infinitely divisible (but this implies that the senses should have an infinite power in order to perceive them, against a fundamental Aristotelian assumption concerning the limits of every power existing in nature), or they are not (potentially) infinitely divisible (in this case, however, there would be portions of matter that can neither be cognised by the senses nor, evidently, by the intellect, and, what is worse, sensible entities would be ultimately composed of them, something entirely unacceptable in the Aristotelian worldview). To solve the dilemma, Aristotle, in Chapter 6 of the "De sensu et sensato" (445b3-446a20), makes use of the distinction between act and potency, affirming that sensible qualities are infinitely divisible in potency as part of the whole to which they belong, but there are minimal quantities of matter that can exist in act on their own endowed with their sensible qualities. The thesis investigates the reflection conducted by Medieval Latin commentators of the "De sensu et sensato" (always read in connection with their Greek and Islamic sources) on the subject of "minima sensibilia", using it as a privileged gateway to study from a new and original point of view the Medieval Latin conception of the ontology and of the epistemology of sensible qualities. Indeed, through a close scrutiny of the debate (which is accompanied by a thorough reconstruction of the complex manuscript tradition of Medieval Latin "De sensu" commentaries, that have hitherto been largely neglected by scholars) it is demonstrated that Medieval Latin commentators progressively developed a conception according to which sensible qualities can exist on their own in the natural world without being perceptible in act due to the smallness of the matter with which they are united. Such sensible qualities (that are sometimes called "insensibilia propter parvitatem") can, nevertheless, become perceptible in act by uniting with each other. Thanks to this fundamental development, not only sensible qualities started to be understood mostly in autonomy from their role in perception, but the sensible world became suddenly much more extended than the world that can be perceived by the senses, with the consequence that the confidence in the human ability to cognise its ultimate structure began to crumble.
Directeur de thèse :
Christophe GRELLARD
Cotutelle :
L'Università degli Studi di Genova (ITALIE)
Unité de recherche :
Laboratoire d'études sur les monothéismes
Membres du jury :
- Directeur de thèse : Christophe GRELLARD
- CoDirecteur de thèse : Pasquale PORRO , Professore ordinario (Università degli Studi di Torino)
- Président : Aurélien ROBERT , Directeur de recherche (CNRS - Laboratoire SPHERE)
- Examinateur : Luca BIANCHI , Professore ordinario (Università degli Studi di Milano)
- Rapporteur : Andrea TABARRONI , Professore Ordinario (Università degli Studi di Udine)
- Rapporteur : Fiorella RETUCCI , Professore associato (Università del Salento)
Diplôme :
Doctorat Religions et systèmes de pensée
Spécialité de soutenance :
Philosophie, textes et savoirs