Avis de soutenance - doctorat - Pierre-André HERVE
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Ecole doctorale 472
EPHE - Maison des sciences de l'homme - 54, Bd Raspail 75006 Paris - Salle 17
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Soutenue par
Pierre-André HERVE
Du confessionnalisme politique : Une histoire politique du Liban sous le Mandat français (1920-1943)
L'État libanais a été proclamé en 1920, dans le cadre d'une tutelle coloniale française légitimée par un mandat de la Société des Nations. Cet État repose sur le confessionnalisme politique, un système politique original à travers lequel il reconnaît une pluralité de communautés confessionnelles dans la société libanaise, leur offre des garanties juridiques, en particulier le respect de leur statut personnel, et leur assure une représentation politique jusqu'au partage du pouvoir entre leurs représentants. Très controversé, le confessionnalisme politique a été adopté malgré elles par les élites libanaises, qui percevaient ce qu'il avait de contradictoire avec la construction d'un État moderne mais le jugeaient nécessaire, au moins temporairement, à la paix civile dans une société plurielle polarisée. Phénomène paradoxal, ce système s'inscrit pourtant dans le mouvement de la modernité politique. S'il repose sur une forme sociale héritée des divisions internes aux religions du Proche-Orient, en particulier l'islam et le christianisme, forme sociale qu'il contribue à reproduire et fixer, il peut être conçu comme une étape dans une dynamique, celle du confessionnalisme, déterminée dans une large mesure par la modernité. Il donne à cette dynamique d'affirmation de l'identité confessionnelle une dimension explicitement politique notamment à travers la représentation politique. De même, s'il s'inscrit dans la continuité du « régime communautaire », instauré par les premiers empires musulmans et appliqué par l'État ottoman pour gérer l'existence de chrétiens et de juifs au sein des populations sous leur contrôle, le confessionnalisme politique en constitue une extension – à une variété de confessions – et une systématisation, dans le cadre de l'État réformé après la Première Guerre mondiale et au nom de principes modernes d'égalité et de protection des minorités. Cette thèse montre ainsi en quoi le confessionnalisme politique s'inscrit dans le mouvement de la modernité. Elle tente d'expliquer pourquoi cette synthèse originale d'éléments prémodernes et modernes s'est imposée au moment de réformer le cadre politique de la société désormais « libanaise » dans les années 1920. Et elle identifie les dynamiques à l'œuvre au cœur de ce système jusqu'au « Pacte national » de 1943, compromis charnière du confessionnalisme politique libanais.
On political confessionalism: A political history of Lebanon under French Mandate (1920-1943)
The Lebanese state was proclaimed in 1920 under a French colonial tutelage legitimized by a League of Nations mandate. Since its inception, it has relied on an original political system known as “political confessionalism”. Through such a system, the state recognizes several sects or confessional communities within Lebanese society, it offers them legal guaranties, including respect for their personal status, and it ensures them political representation, including power-sharing among their representatives. Highly controversial, political confessionalism was adopted reluctantly by the Lebanese secular elites, who perceived it as contradictory to modern state building but deemed it necessary, at least temporarily, for civil peace in a polarized, plural society. Political confessionalism as a paradoxical phenomenon is part of the movement of political modernity. It is based on sects, social structures inherited from historical divisions within Islam and Christianity, which it contributes to maintain and reshape. However, it may be considered as a step in the dynamic of sectarianism, which is determined to a large extent by modernity. It adds to this dynamic of assertiveness of sectarian identity an explicitly political dimension especially through political representation. Similarly, political confessionalism is a continuation of the "community regime" established by the first Muslim empires and applied by the Ottoman state in order to manage the existence of Christians and Jews within the populations under their control. However, it is an extension – to a variety of sects – and a systematization of such a regime, within the new state framework stemming from the First World War and in the name of modern principles of equality and protection of minorities. This thesis thus aims to assess to which extent political confessionalism belongs to the process of modernity, and to understand why this original synthesis of premodern and modern elements prevailed when the Lebanese society's political framework was reformed in the 1920's. This thesis also aims to identify this system's dynamics until the “National Pact” of 1943 which was the key compromise of Lebanese political confessionalism.
Directeur de thèse :
Pierre-Jean LUIZARD
Unité de recherche :
Groupe sociétés, religions, laïcités
Membres du jury :
- Directeur de thèse : Pierre-Jean LUIZARD , Directeur de recherche émérite (EPHE PARIS)
- Rapporteur : Anne-Claire BONNEVILLE , Professeur des universités (Institut National des Langues et Civilisations Orientales (INALCO))
- Rapporteur : Odile MOREAU , Professeur des universités (Université de Montpellier Paul-Valéry)
- Président : Henry LAURENS , Professeur émérite (Collège de France)
- Examinateur : Souad SLIM , Professor (University of Balamand)
- Examinateur : Karim Emile BITAR , Associate professor (Université Saint-Joseph)
Diplôme :
Doctorat Religions et systèmes de pensée
Spécialité de soutenance :
Etudes arabes, civilisations islamique et orientales