Avis de soutenance - doctorat - Philippe LIOT DE NORTBÉCOURT

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Ecole doctorale 472
54 boulevard Raspail, 1er sous-sol de la Maison des Sciences de l'Homme (MSH), 75006, Paris
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Soutenue par Philippe LIOT DE NORTBÉCOURT

AU FONDEMENT DE L'AGIR MORAL, SUAREZ ET LA LOI NATURELLE

À mi-chemin entre le XVIème et le XVIIème siècle au faîte de l'âge d'or de la scolastique espagnole, Francisco Suarez est un représentant significatif du passage d'une morale de la prudence à une éthique juridique. L'introduction de notions nouvelles en morale, comme celle de l'état de pure nature, la détermination d'une fin naturelle pour l'homme, atteste à elle seule que la « position » de la problématique anthropologique et morale est tout autre chez Suarez et certains de ses contemporains d'avec leurs lointains maîtres du XIIIème et du XIVème siècles. Ce passage semble s'observer de trois manières : 1. Suarez sépare dans la providence divine la conduite des animaux et des vivants par la nécessité physique et la conduite des hommes par la loi, c'est-à-dire par une nécessité morale. 2. Suarez pose les fondements d'une morale en retranchant tout désir du domaine de la moralité naturelle, qu'on pense au désir de la béatitude ou au désir des inclinations naturelles : seuls les préceptes sont un guide pour l'agir moral de l'homme. 3. On observe ainsi le glissement d'une morale de l'agent prudent qui agit en vue de biens désirés à celle d'un sujet de droit et de devoir. Dans cette morale, la conscience prend un rôle d'importance nouvelle. En dernière analyse, y a-t-il encore chez Suarez ce que Thomas d'Aquin appelle la ''raison pratique'' ?

THE FOUNDATION OF MORAL ACTION, SUAREZ AND NATURAL LAW

At the crossroads of the 16th and 17th centuries, at the height of the golden age of the Spanish Scholasticism, Francisco Suarez is a significant representative of the change from a prudential morality to a juridical ethics. The introduction of new notions in his moral thought, such as the state of pure nature, the determination of a natural end for man, suffices to show that Suarez' posing of the anthropological and moral question, along with some of his contemporaries, is radically different to that of their distant masters of the 13th and 14 centuries. This change from a prudential morality to a juridical ethics can be seen to take place in three ways : 1. Suarez separates in divine providence the conduct of animals and living beings by physical necessity and the conduct of men by law, that is, by moral necessity. 2. Suarez lays the foundations of morality by removing all desire from the realm of natural morality, whether it be the desire for bliss or the desire for natural inclinations : only precepts are a guide for moral action by humans. 3. One can observe a passage from a morality of the prudential agent who acts with a view to desired goods to that of a subject of rights and duties. In this morality, conscience takes on a new and important role. Ultimately, can one find in Suarez what Thomas Aquinas calls « practical reason » ?
Directeur de thèse :
Olivier BOULNOIS
Unité de recherche :
Laboratoire d'études sur les monothéismes
Membres du jury :
  • Directeur de thèse : Olivier BOULNOIS
  • CoDirecteur de thèse : Émilie TARDIVEL , Maître de conférences (Université de Strasbourg ; Membre associé de l'UR Religion, Culture et Société (EA 7403) de l'ICP)
  • Rapporteur : Wim DECOCK , Professeur (UCLouvain)
  • Examinateur : Laure SOLIGNAC , Maître de conférences (ICP. Facultés de philosophie)
  • Examinateur : Valentin BRAEKMAN , Assistant professor (Université de Lausanne (UNIL))
  • Rapporteur : Christophe GRELLARD
Diplôme :
Doctorat Religions et systèmes de pensée
Spécialité de soutenance :
Etudes médiévales