Avis de soutenance - doctorat - Nathan FRAIKIN

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Ecole doctorale 472
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Soutenue par Nathan FRAIKIN

Histoire et devenir du concept de synchronicité

En 1952, le fondateur de la psychologie analytique Carl Gustav Jung (1875-1961) publie La synchronicité, principe de relations acausales. Il dresse alors l'état provisoire de ses recherches sur la question des coïncidences signifiantes. D'après la trame narrative exposée par Jung, l'histoire de la synchronicité commencerait tout d'abord dans la Chine antique avec le texte du Yi King et les philosophies de Lao-Tseu et de Tchouang-Tseu. Le raisonnement synchronistique serait parfaitement intégré à la pensée chinoise. À l'inverse, la civilisation occidentale serait bien plus marquée par le raisonnement causal (et beaucoup moins enclin à intégrer le principe de synchronicité). Néanmoins, Jung suggère que l'idée d'acausalité n'est pas absolument étrangère à l'Occident. Il avance même que le raisonnement synchronistique persiste d'une certaine manière chez les Occidentaux grâce aux pratiques divinatoires. Malgré cette dichotomie établie entre pensée chinoise (ou divinatoire) synchronistique d'un côté et pensée occidentale et causale de l'autre, Jung reconnaît que certains philosophes occidentaux se sont rapprochés de l'idée de synchronicité depuis l'Antiquité jusqu'aux dernières avancées de la science contemporaine. Notre étude porte précisément sur cette étrange continuité que Jung établit entre les différentes préfigurations de son propre concept. Nous proposons une généalogie de cette histoire de la synchronicité telle que Jung la conçoit. Ainsi, nous espérons apporter un éclairage nouveau sur cette théorie telle qu'elle fut pensée, inspirée, formulée et distanciée par rapport à ces diverses préfigurations. C'est le récit jungien de « l'idée de synchronicité avant la théorie de la synchronicité » que nous examinons de près en questionnant ce que Jung cherche à faire dire à ces diverses sources philosophiques.

History and Future of the Concept of Synchronicity

In 1952, founder of analytical psychology Carl Gustav Jung (1875-1961) published Synchronicity: An Acausal Connecting Principle. He exposes the provisional state of his research on meaningful coincidences. According to Jung's narrative, the idea of synchronicity already existed in Ancient China through the YiJing and Taoism. The synchronistic reasoning would be perfectly integrated in Chinese thinking. On the contrary, Western civilization would rather be framed by the principle of causality (and less inclined to integrate the principle of synchronicity). Nonetheless, Jung suggests that the idea of acausality is not totally unknown in the West. He even claims that the synchronistic reasoning survived among Westerners through divinatory practices. Despite this dichotomy established between Chinese (and divinatory) thinking and Western (and causal) thinking, Jung acknowledges that several Western philosophers got close to the idea of synchronicity from Antiquity until the most recent scientific discoveries of his time. This study focuses on this strange continuity that Jung draws between the different forerunners of his own concept. I will propose a genealogy of this history of the idea of synchronicity conceived by Jung. I wish to bring forth a new perspective by demonstrating how this theory was thought, inspired, formulated, and distinguished from its various prefigurations. I intend to investigate this Jungian narrative of «The forerunners of synchronicity» by interrogating what Jung wishes to express though the use of such various philosophical references.
Directeur de thèse :
Jean-Pierre BRACH
Unité de recherche :
Laboratoire d'études sur les monothéismes
Membres du jury :
  • Directeur de thèse : Jean-Pierre BRACH , Professeur émérite (EPHE PARIS)
  • Rapporteur : Roderick MAIN , Full professor (University of Essex)
  • Rapporteur : Aurélie CHONÉ , Professeur (Université de Strasbourg)
  • Examinateur : Véronique LIARD , Professeur émérite (Université de Bourgogne Europe)
Diplôme :
Doctorat Religions et systèmes de pensée
Spécialité de soutenance :
Philosophie, textes et savoirs