Le site de Qasr  Shemamok. Photo : MAFQS

Archéologie du patrimoine en péril : le site de Qasr Shemamok

Depuis 2011, l’EPHE – PSL soutient une archéologie en zone de guerre, notamment dans le cadre des fouilles de la mission archéologique française à Qasr Shemamok.

Le site, identifié comme le « tell » – la colline formée par les ruines – de Kilizu, montre encore les traces de la monumentalité de cette cité, une capitale régionale de l’empire assyrien, reconstruite par le roi Sennachérib (705-681 av. n. è.), marquée par une double-enceinte.

 

 Le site de Qasr  Shemamok. Photo : MAFQS
Vue aérienne du site. Crédit : MAFQS

 

Sont encore visibles, à la surface du tell, les effets des bombardements destinés à détruire, pendant les conflits récents, une position militaire irakienne. Les fouilles françaises ont étudié, au-delà des niveaux assyriens (XIVe-VIe s. av. n. è.), une succession d’occupations – hellénistique, parthe, sassanide, puis ottomane – établies sur le site non seulement après l’effondrement de l’empire assyrien, mais également plus antiques. 

 

La présence d’un habitat complexe est perceptible dès le début du IIIe millénaire, ainsi que celle de structures liées à la production céramique, qui ont fonctionné dès la fin du IIIe jusqu’au début du IIe millénaire av. n. è. Précédant l’occupation assyrienne et l’intégration de la région dans l’empire, la mission a découvert les vestiges de Tu’e, une cité auparavant inconnue. Ces niveaux ont fourni une documentation importante, notamment des textes cunéiformes des inscriptions royales, qui permettent de mieux comprendre l’évolution de la société et de la culture de ces périodes.

 

Maria-Grazia Masetti-Rouault, directrice de la Mission archéologique française à Qasr Shemamok et directrice d’études à l’EPHE – PSL

Ilaria Calini, membre associée de l’équipe ANHIMA (CNRS, EHESS, EPHE – PSL, Universités Paris 1 et Paris Cité)

 

 

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9 octobre 2026