L'EPHE – PSL et la BnF ont lancé leur cycle de conférences !
Les manuscrits en caractères hébreux conservés à la BnF et à la Bibliothèque apostolique vaticane constituent l’un des plus riches patrimoines textuels du monde juif médiéval et moderne.
Ce jeudi 24 septembre, la Bibliothèque nationale de France (BnF) recevait Marie Carlin (rattachée à l’INHA), Laurent Héricher (BnF) et Daniel Stoekl (EPHE – PSL, AOrOc) devant un public passionné.
Cette conférence était l’occasion d’illustrer, à travers quelques exemples concrets, ce que la rencontre entre patrimoine écrit et apprentissage automatique (techniques HTR notamment) permet aujourd’hui de découvrir. Numérisés depuis une vingtaine d’années, ces fonds représentent plus d’un demi-million de pages, dont la majorité demeure inaccessible à la recherche faute d’avoir été transcrite. L’équipe du projet ERC MiDRASH1 propose d’y remédier grâce à la reconnaissance automatique de l’écriture par l’Intelligence Artificielle (IA).
Le cycle de conférences « La pratique à l’œuvre » est une vitrine incomparable pour faire dialoguer le patrimoine et ses conservateurs avec les techniques parmi les plus modernes mises en œuvre au sein de l’EPHE – PSL. Le logiciel eScriptorium a été présenté pour cette grande première par Daniel Stoekl, directeur d’études à l’EPHE – PSL. Il a pu démontrer en direct l’efficience des modèles d’IA embarqués en transcrivant tous ces textes en hébreu, araméen ou judéo-arabe.
La pertinence du cadre de la science ouverte dans lequel cette IA évolue tout autant que sa sobriété énergétique par rapport aux grands modèles tels que Claude ont notamment été expliquées. Outre le besoin de combiner les expertises des bibliothécaires avec celles des chercheurs et des techniciens, il a aussi été rappelé le besoin de disposer de données « moissonables » pour appuyer ce type de projets et avoir la capacité de retracer l’histoire du manuscrit dans toute sa complexité matérielle (forme de l’écriture, distinction des scribes, nature des encres, structure de la mise en page…).
Daniel Stoekl nous rappelle ainsi qu'un manuscrit n'est pas un objet figé. Il s’inscrit dans plusieurs dimensions en voyageant tout en étant copié, censuré, corrigé, annoté ou déchiré. Son étude manuelle historique s'ouvre désormais à des modélisations globales, à l'image des outils 3D utilisés par les astronomes.
1 Équipe du projet ERC MiDRASH dont : Daniel Stoekl (EPHE – PSL, AOrOc), Judith Schlanger (EPHE – PSL), Nachum Dershowitz (Université de Tel Aviv), Avi Shmidman (Université de Bar Ilan), Bibliothèque nationale d'Israel, Université de Haifa.
Occasion vous est donnée de revoir la conférence « Les corpus des manuscrits hébreux de la BnF et du Vatican : une analyse comparative à l’aide de l’IA » ou de vous inscrire à la prochaine, « Une bandelette de momie à la source de premières découvertes sur l’écriture égyptienne avant Champollion », ce jeudi 1er octobre.
30 septembre 2026