Marie-France Ehrlich

Décès de Marie-France Ehrlich

L’École Pratique des Hautes Études et l’Unité 1077 Inserm-EPHE-Université de Caen ont la tristesse de vous faire part du décès de Marie-France Ehrlich survenu le 1er septembre 2026.

 

Marie-France Ehrlich
Marie-France Ehrlich

 

Marie-France Ehrlich était une psychologue expérimentaliste reconnue pour ses travaux sur la mémoire, le langage et la compréhension des textes. Née le 19 janvier 1940 à Angers, elle a consacré l’essentiel de sa carrière à l’étude des processus cognitifs mobilisés dans la lecture, la mémorisation et la construction des représentations mentales.

 

Après une licence de psychologie obtenue à l’Université de Poitiers en 1961, elle complète sa formation par un diplôme de psychopédagogie à l’Institut de psychologie de l’Université de Paris en 1962. Elle commence alors sa carrière au CNRS, d’abord comme stagiaire puis comme attachée de recherche au Laboratoire de psychophysiologie de la Faculté des sciences de l’Université de Paris. Elle rejoint ensuite l’Université René-Descartes, où elle exerce successivement comme assistante puis maître-assistante. En 1971, elle soutient une thèse de doctorat de troisième cycle en psychologie à l’Université René-Descartes, sous la direction de Paul Fraisse.

 

En janvier 1984, elle est nommée Directrice d’études à l’École Pratique des Hautes Études et prend la direction du Laboratoire de psychologie dès lors intitulé Laboratoire de psychologie cognitive de la communication. Elle contribue ainsi pleinement à l’orientation cognitive de la psychologie. Cette orientation scientifique trouve une expression particulièrement claire dans le titre de son doctorat d’État ès lettres, soutenu à l’Université Paris-VIII en 1989 sous la direction de Jean-François Le Ny. Intitulé Mémoire et compréhension : étude du traitement cognitif des phrases et des textes, ce travail synthétise les principaux axes de recherche qui structureront son parcours scientifique et le travail du laboratoire. Elle dirige ce laboratoire associé à l’Université René-Descartes et au CNRS jusqu’en décembre 2000. Elle assura avec une grande bienveillance le passage de relais de la direction à Francis Eustache et continua à suivre avec beaucoup d’intérêt les travaux réalisés dans ce laboratoire.

 

Ses travaux ont largement contribué à la compréhension des processus cognitifs impliqués dans la lecture. Lire, comprendre et mémoriser constituent en effet des activités profondément interdépendantes. Comprendre un texte suppose la construction progressive d’une représentation mentale cohérente dans son contenu, construction qui dépend à la fois de l’organisation linguistique du texte, des connaissances antérieures du lecteur et des capacités de la mémoire de travail.

 

Dans cette perspective, Marie-France Ehrlich a notamment étudié le traitement des marqueurs linguistiques et des illustrations, ainsi que les processus d’inférence de l’enfant à l’adulte âgé. Ses recherches ont également été parmi les premières à croiser les facteurs cognitifs, métacognitifs et motivationnels associés aux difficultés de compréhension écrite chez l’enfant.

 

Ses travaux ont donné lieu à plusieurs ouvrages importants, parmi lesquels L’apprentissage verbal : étude des processus d’activation et de structuration (1972), Les modèles mentaux : approche cognitive des représentations, codirigé avec Marc Cavazza et Hubert Tardieu (1993), ainsi que Mémoire et compréhension du langage (1994), qui constitue une synthèse importante de ses recherches. À ces ouvrages s’ajoute un grand nombre de publications dans des revues scientifiques françaises et internationales.

 

Par son enseignement, ses travaux scientifiques, la direction de ses recherches et les nombreuses collaborations qu’elle a développées en France comme à l’étranger, Marie-France Ehrlich a contribué de manière importante au développement de la psychologie cognitive en France. Son parcours académique a notamment été distingué par sa nomination au grade de commandeur dans l’Ordre des Palmes académiques.

 

Au-delà de son œuvre scientifique, celles et ceux qui ont travaillé à ses côtés garderont le souvenir d’une collègue attentive, curieuse et bienveillante, soucieuse du devenir de ses collaborateurs et profondément engagée dans la recherche et la transmission.