Avis de soutenance HDR - Noëlle DEFLOU-LECA
20 décembre 2023
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Noëlle Deflou-Leca présentera ses travaux en vue de l'obtention de son habilitation à diriger des recherches (HDR).
Titre des travaux : Monastères, réformes et réseaux monastiques dans les espaces bourguignons et leurs marges (IXe-XIIe siècle).
Lieu de soutenance : Maison des Sciences de l’Homme, salle 01, 54 boulevard Raspail, 75006 Paris.
Date et heure : 20 décembre 2023 à 14h.
Membres du jury : Véronique GAZEAU, Patrick HENRIET, Laurent RIPART, Brigitte MEIJNS, Cécile TREFFORT, Steven VANDERPUTTEN, Laurent MORELLE (garant).
Avec un mémoire inédit sur Une Bourgogne non clunisienne ? Recherches sur le monachisme à l’âge des réformes jusqu’au début du XIIe siècle (diocèse de Langres et d’Autun).
Le point de départ de l’étude s’appuie sur la convergence d’un concept historique et d’un constat. Le constat est celui d’une presque totale absence de Cluny en Bourgogne septentrionale, au moins jusqu’au XIIe siècle, alors que sa place dans le monachisme occidental n’est plus à démontrer. Cette absence ne peut être fortuite. Le concept est celui de la réforme monastique qui rencontre de plein fouet l’expansion clunisienne au moment où l’abbaye est un des fers de lance du mouvement réformateur dans la seconde moitié du Xe siècle. Par l’intermédiaire de Guillaume dit de Volpiano, et d’Heldric, disciples de l’abbé Maieul, la réforme touche presque tous les établissements du diocèse de Langres (Réôme, Bèze, Saint-Bénigne, Molosmes, Tonnerre) et, au-delà, vers Autun et Auxerre avec Flavigny et Saint-Germain. L’analyse s’est ainsi attachée à comprendre les origines de la situation à travers une reprise des dossiers documentaires des neuf abbayes de l’espace étudié depuis leurs origines jusqu’aux premières décennies du XIIe siècle. En reprenant l’ensemble de ces dossiers monastiques pour les contextualiser dans leur cadre de rédaction, cette recherche accorde une place non négligeable à l’analyse des évolutions individuelles et des pratiques documentaires (hagiographique, cartulaire, narrative) mise en perspective avec les mouvements réformateurs qui les touchent du Xe au début du XIIe siècle. Dans l’espace monastique et la chronologie post-carolingienne privilégiés, les processus réformateurs, auxquels plusieurs des sources évoquées sont étroitement liées, se caractérisent par leur récurrence. Au-delà des ressorts de leur dynamique interne (retour à la règle et à l’observance, notamment liturgique) et de leur examen au prisme social et politique des jeux de pouvoirs régionaux, il s’est agi d’utiliser les outils d’exploration des données fournis par l’analyse spatiale pour cerner la dimension foncière et topographique de l’action des réformateurs et ses conséquences sur l’essor des seigneuries monastiques. Cette méthodologie empruntée aux sociologues et aux géographes passe par la cartographie des lieux sous contrôle monastique, que ce soit des terres ou des droits sur ces terres, des églises ou des petits monastères dépendants, formant peu à peu des réseaux monastiques. En spatialisant les données patrimoniales à disposition, les cartes mettent en évidence une distribution des différents réseaux fonciers des monastères qui ménage des espaces monastiques privilégiés avec, par endroits, une imbrication assez limitée des possessions avec d’autres seigneuries, alors que les ancrages initiaux sont multipolaires et économiquement stratégiques.