diplôme

Avis de soutenance HDR - LI Guoqiang

07 février 2024

Informations pratiques
07 février 2024
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LI Guoqiang présentera ses travaux en vue de l'obtention de son habilitation à diriger des recherches (HDR).

Titre des travaux : Ethnobotanique et ethnozoologie de la Chine : archéologie, textes, terrain.

Lieu de soutenance : École française d'Extrême-Orient, Grand Salon, 22 avenue du Président Wilson, 75116 Paris.

Date et heure : 7 février 2024 à 14h00.

Membres du jury : Damien CHAUSSENDE, Karine CHEMLA, Olivier VENTURE, Frédéric WANG, Marianne BUJARD, Marc KALINOWSKI, Béatrice L’HARIDON, Alain THOTE (garant).

 

" Mes travaux portent sur deux domaines, en premier lieu sur les relations que les hommes ont entretenues avec les plantes cultivées et les animaux domestiques dans l'antiquité chinoise, et secondairement sur un missionnaire spécialiste de botanique, qui vivait au XIXe siècle en Chine. Tout d’abord, je m’intéresse à la domestication des plantes et des animaux, aux activités agricoles, aux savoirs et savoir-faire développés dans les campagnes, aux rituels pratiqués dans l’antiquité, et aux symboles représentés par ces deux grandes ressources de la nature. Sur les plantes, quelques-uns des sujets traités concernent le pêcher, le mûrier, les millets, les semences céréalières, les sacrifices de bovins, de chiens, et en parallèle avec le suovétaurile romain, l’association bovin-ovin-cochon qui existait aussi dans des sacrifices de la Chine pré-impériale. Ces investigations m’ont amené à m’intéresser à la phénologie, relativement au cycle de vie des plantes comme à celui des animaux. De là, j’en suis venu à étudier le système calendaire et la pensée corrélative qui relèvent l’un comme l’autre de phénomènes tant naturels, affectant les plantes et les animaux, que sociaux. Ces recherches pluridisciplinaires s’appuient sur les approches de l’ethnobotanique et de l’ethnozoologie historiques. Quant aux sources, elles sont de natures variées. À côté des données archéologiques, paléographiques et épigraphiques, qui forment un ensemble foisonnant, je me réfère aussi aux textes transmis par la tradition lettrée qui sont tout aussi riches, mais dans lesquels abondent incohérences et contradictions dans les interprétations données aux termes anciens. Sur les millets, ces données ont été complétées par des enquêtes de terrain. Fondamentalement, l’objectif qui a inspiré ces études fut de mettre en évidence un « fait social total » relatif à certaines plantes ou certains animaux. Après avoir déterminé précisément quels étaient les savoirs réunis à une époque donnée sur ces plantes ou ces animaux, il s’est agi d’analyser les faits sociaux auxquels ces entités naturelles étaient liées et leurs usages culturels, tels qu’ils apparaissent dans les rituels, dans les mythes ou dans les calendriers. Le second domaine de recherche est centré sur un homme, Jean-Marie Delavay (1834-1895), qui fut missionnaire des Missions étrangères de Paris (MEP) dans la province du Yunnan. Je m’intéresse à lui en tant que botaniste (il a répertorié plus de 1500 espèces de plantes qui étaient encore inconnues en Occident, et envoyé plus de 200 000 spécimens botaniques au Muséum national d’histoire naturelle) et à travers lui à l’histoire apostolique des MEP au Yunnan. Les travaux accomplis jusqu’à présent ont abordé trois questions, celle de l’histoire de la première chrétienté implantée au cœur du Yunnan, à Dapingzi, celle des collectes botaniques de Delavay pour le Muséum, et enfin celle du réseau des missionnaires des MEP, qui ont découvert des plantes entre le Yunnan, la Chine du Sud-Ouest et d’autres pays de l’Asie orientale." (LI Guoqiang)