Vivien PRIGENT

Diplôme :
HDR
Date :
samedi 19 septembre 2020 - 00:00
Histoire administrative et monétaire de l’empire mésobyzantin. Etudes sur l’histoire administrative de l’Afrique byzantine au VIIe siècle : l’apport des sceaux

Vivien PRIGENT présente ses travaux en soutenance en vue de l'obtention de l'Habilitation à diriger des recherches

  • EPHE, 4-14 rue Ferrus, salle 214, 75014 Paris
  • Jury : Mme Cécile MORRISSON, M. Jean-Claude CHEYNET, Mme Annliese NEF, Mme Annick PETERS CUSTOT, M. Salvatore COSENTINO, M. Constantin ZUCKERMAN

En 1896, Charles Diehl publiait L’Afrique byzantine. Histoire de la domination byzantine en Afrique (533-709), livre qui demeure le socle de l’historiographie actuelle. Si l’archéologie et la numismatique ont ultérieurement mit en valeur l’extraordinaire importance de la province tout au long du VIIe siècle, la pauvreté des sources littéraires disponibles n’a pas permis d’avancées parallèles dans le domaine de l’histoire administrative. Une telle étude est pourtant rendue nécessaire par l’essor des études dédiées à la transition, particulièrement longue en Afrique, entre les dominations byzantine et musulmane. Le mémoire s’attache donc à renouveler nos connaissances par l’analyse des bulles de plomb du Musée de Carthage. L’étude systématique du bullaire, de son épigraphie, de ses modes de composition, de ses éléments ornementaux, de sa langue, du formulaire, associée à l’onomastique et à l’iconographie permet identifier une production locale significative et plusieurs critères de datation plus fiables. On peut dès lors notamment distinguer au sein de la masse des bulles datées des VIe et VIIe siècles celles qui relèvent des années 650-700, période qui correspondait jusqu’ici à « l’angle mort » de l’histoire administrative de l’empire. L’intérêt de l’étude dépasse ainsi largement la seule province d’Afrique.
Ces acquis, confrontés à l’apport de la prosopographie et à une analyse nouvelle du témoignage du registrum de Grégoire le Grand, permettent de reconstruire une image des réalités administratives africaines en totale rupture avec celle proposée par Diehl. Ainsi, il faut sans doute faire son deuil de l’existence d’un exarque coordonnant les administrations civiles et militaires en Afrique. Depuis le règne de Maurice et jusqu’à la conquête musulmane, l’Afrique fut administrée par un préfet du prétoire, tandis que deux magistri militum commandaient respectivement depuis la Byzacène et la Numidie les anciennes provinces consulaires et celles confiées par Justinien à un praeses. Parallèlement, on constate un renforcement constant de l’influence des eunuques de la Chambre impériale, phénomène qui concerne, au-delà de l’Afrique, l’ensemble des provinces de Méditerranée centrale. L’explication de cette dynamique doit être recherchée dans la politique patrimoniale de Justinien et cette évolution éclaire d’un jour nouveau l’origine du système impérial mésobyzantin.