Thomas COCANO

Diplôme :
Doctorat
Mention :
Histoire, textes et documents
Date :
vendredi 04 septembre 2020 - 14:00
La production de médailles en Angleterre au XVIIIe siècle : relation entre frappe commémorative et propagande politique, 1688-1760

Thomas COCANO soutiendra sa thèse de doctorat préparée sous la direction de M. Marc BOMPAIRE

  • EPHE - Sorbonne, 17 rue de La Sorbonne, 75005 Paris. Salle : Gaston Paris - D064
  • Jury : M. Marc BOMPAIRE, Mme Marianne GRIVEL, M. Yvan LOSKOUTOFF, M. Jean-François DUNYACH, M. Jérôme JAMBU

Résumé

Ce travail propose d’examiner les médailles royales anglaises produites au cours de la période 1688 à 1742 à l’atelier monétaire de Londres. Dans la succession des quatre règnes de la période retenue – Guillaume et Marie, Anne, George Ier et George II –, ce travail suit l’évolution de l’iconographie royale au regard de la production d’un objet numismatique. Il s’appuie sur des sources multiples et analyse de quelles manières ces dernières viennent à évoluer entre deux dynasties, les Stuarts et les Hanovre. Les sources laissées par Isaac Newton au cours de sa présence comme maître de l’atelier monétaire de Londres de 1696 à 1727 nous éclairent sur l’aspect de composition et de production des médailles au cours du long dix-huitième siècle anglais, comme objet de cour, lorsque d’autres sources manquent. Les médailles font alors l’objet d’un intérêt marqué en Europe, manifesté dans le cas de la monarchie française par la composition d’un ouvrage sur les médailles du règne de Louis XIV, ce qui met en exergue leur fonction d’objet monétiforme de propagande monarchique. Une attention particulière est accordée à la possibilité d’interpréter la production de médailles en Angleterre comme contrecoup et réponse aux productions pour le souverain français. Il s’agit aussi de remettre dans son contexte la production de ces objets par l’atelier monétaire de Londres au cours de quatre règnes successifs. Le point central de l’étude est la production de ces objets dans le cadre de l’atelier monétaire par l’étude des objets produits et des archives à notre disposition. Nous voyons pour cette période en Angleterre la mise en place d’une iconographie plus centrée sur une institution, la monarchie, que sur la célébration d’un souverain particulier : la médaille comme reflet et miroir de la monarchie. Toutefois, un règne, celui d’Anne, tend à se démarquer dans l’utilisation de la médaille, montrant un intérêt plus marqué pour ce support durant ce règne. Son étude permet de mettre en évidence l’interaction entre la monarchie, la Monnaie et son graveur John Croker dans la mise en place de l’iconographie royale au XVIIIe siècle.

Abstract

The purpose of this work is focus on the British medals of the monarchy which were produce at the Royal Mint of London from 1688 to 1742. During the succession of four monarchs – William III and Mary, Anne, George I and George II – this work follows the evolution of a royal iconography through the use of a numismatic object. By the use of several sources, the analysis shows from which manners these medals evolve from one dynasty to another, the Stuart and the Hanoverian sovereigns. The sources left by Isaac Newton during his presence as Master and Worker of the Royal Mint shed light on two aspects, the composition and the production of medals during the Long Eighteenth-Century as part but not central of court iconography when other sources are lacking. During this period, medals are subject of interest in Europe as shown by the composition of a book for the medals of the reign of Lewis XIV. It highlights their function as monetiform object of monarchical propaganda. A particular attention is given to the possibility of interpretation, and to consider the production of medals in England as a backlash and response to the production of medals for the French sovereign. This work is putting back into the context of production, the Royal Mint of London, the production of these objects for the monarchy during four successive reigns. The central point of the study is the production of these objects as shown into the archives at our disposition. We can see for England in this period the establishment of an iconography more focused on an institution, the Monarchy, than on the celebration of a particular sovereign: the medal as a reflection and mirror of the Monarchy. However, the reign of Anne tends to stand out in the use of the medal, showing a greater interest in this support during this reign. His study highlights the interaction between the Monarchy, the Royal Mint and his engraver John Croker in the construction of a royal iconography in the Eighteenth-Century.