Sayed Mossadeq KHALILI

Diplôme :
Doctorat
Mention :
Histoire, textes et documents
Date :
jeudi 30 septembre 2021 - 14:00
Le complexe du Muṣallā d’Hérat (Afghanistan) : étude historique et architecturale

Sayed Mossadeq KHALILI soutiendra sa thèse de doctorat préparée sous la direction de M. Jean-Michel MOUTON

  • EPHE - Maison des Sciences de l'Homme, 54 bd Raspail,75006 Paris - salle 01
  • Jury : M. Jean-Michel MOUTON, M. Jacques PAVIOT, Mme Marie-Odile ROUSSET, M. Jean-Charles DUCÈNE, M. Julio SARMIENTO

Résumé

Cette thèse porte sur un ensemble de bâtiments d’époque timouride conservés dans la ville d’Hérat à l’ouest de l’Afghanistan et désignés sous le vocable de « complexe du Muṣallā ». Il s’agit de grande mosquée et de la madrasa funéraire de la princesse timouride Ǧawhar Šād et de la grande mosquée de son petit-fils Ḥusayn Bāyqarā. Il ne reste plus aujourd’hui que quelques vestiges de cet ensemble monumental, un des plus beaux d’Asie, depuis le dynamitage des édifices par l’armée britannique en 1885. Ces vestiges sont essentiellement constitués de cinq minarets et du tombeau de Ǧawhar Šād. L’objectif de cette thèse a été de conduire une étude globale de ce complexe et d’essayer d’en restituer les différentes composantes à travers l’étude des sources médiévales, des données épigraphiques, mais aussi des témoignages des voyageurs européens qui ont visité le site avant sa destruction. Une des apports de cette thèse porte d’abord sur la publication d’un matériel épigraphique inédit relevé par des voyageurs ou des érudits locaux, conservé sur des photos anciennes, mais aussi découvert récemment par des archéologues afghans travaillant sur le site. Une attention toute particulière a également été accordée aux données iconographiques, dessins et photographies provenant essentiellement de voyageurs anglais, qui permettent en les confrontant aux données textuelles, de restituer les plans, les élévations et la décoration de ces édifices. Enfin l’exploitation des rapports des missions archéologiques conduites depuis une vingtaine d’années sur le site, notamment par l’Unesco, la DAFA et le Ministère afghan de la Culture. Ces données inédites, en français, anglais et afghan constituent une part importante des nouveautés de ce travail. Cette thèse se conclut sur la place centrale d’Hérat et du complexe du Muṣallā dans l’art et la culture des souverains timourides qui est la plus brillante d’Asie à la fin du Moyen Âge.

Abstract

This dissertation focuses on a set of buildings from the Timurid period preserved in the city of Herat in western Afghanistan and referred to as the "Muṣallā complex". It is the great mosque and funeral madrasa of the Timurid princess Ǧawhar Šād and the great mosque of her grandson Ḥusayn Bāyqarā. Today, only a few remains of this monumental complex, one of the most beautiful in Asia, remain since the buildings were blown up by the British army in 1885. These remains consist mainly of five minarets and the tomb of Ǧawhar Šād. The objective of this thesis was to conduct a global study of this complex and to try to render its different components through the study of medieval sources, epigraphic data, but also testimonies of European travelers who visited the site before its destruction. One of the contributions of this dissertation concerns first the publication of unpublished epigraphic material collected by travelers or local scholars, preserved in old photos, but also recently discovered by Afghan archaeologists working on the site. Particular attention has also been paid to iconographic data, drawings and photographs, mainly from English travelers, which, by comparing them with textual data, enable the plans, elevations and decoration of these buildings to be reproduced. Finally, the use of the reports of archaeological missions conducted for twenty years on the site, in particular by Unesco, DAFA and the Afghan Ministry of Culture. These unpublished data, in French, English and Afghan constitute an important part of the novelties of this work. This thesis concludes with the central place of Herat and the Muṣallā complex in the art and culture of the Timurid rulers, which is the most brilliant in Asia at the end of the Middle Ages.