Robert KING

Diplôme :
Doctorat
Mention :
Histoire, textes et documents
Date :
mercredi 14 avril 2021 - 17:00
La maison du satrape et l'évolution de l'empire Perse achéménide, 522-330 av. J.-C.

Robert KING soutiendra sa thèse de doctorat préparée sous la direction de M. Wouter HENKELMAN

  • Visioconférence
  • Jury : M. Wouter HENKELMAN, M. Richard PAYNE, M. Matthew STOLPER, M. Alain BRESSON, M. Philip HUYSE

Résumé

Dans sa plus grande mesure, l'empire perse achéménide (550-330 av. J.-C.) s'étendrait de l'Égypte et des Balkans à l'Asie Centrale et à l'Indus. Comment cet Empire a-t-il pu perdurer à une telle échelle pendant plus de deux siècles ? Cette thèse répond à cette question en analysant une institution particulière : la « Maison » du satrape. Les satrapes étaient les représentants locaux du pouvoir royal dans l'empire achéménide qui faisaient fonctionner l'interface entre l'état et le sujet. Ils opéraient non pas seuls mais plutôt au moyen de toute leur « Maison », comme le disent les sources anciennes. Ces Maisons avaient une composante humaine avec la famille des satrapes, des subordonnés libres et des travailleurs dépendants, ainsi qu’une composante physique en forme des domaines agricoles et autres éléments. C'est au niveau de la Maison satrapale où se déroulaient les actes quotidiens de l'impérialisme. Cette thèse est composée d’une série d'études de cas qui examinent chacune un ou plusieurs cas de Maisons satrapales particulières. Deux chapitres examinent les carrières de trois satrapes contemporains (Tissapherne, Pharnabaze et Cyrus le Jeune) en Anatolie occidentale, le premier se concentrant sur l'histoire économique et le second sur l'histoire sociale. Le chapitre suivant met l’accent sur Aršāma, dont les activités s'étendent sur l'Égypte et la Mésopotamie, et il analyse les structures de travail dans sa Maison. Le quatrième chapitre raconte la carrière de Bēlšunu, un fonctionnaire local devenu satrape en Syrie grâce à ces relations fastidieuses avec ses supérieurs impériaux. Un cinquième chapitre traite de Bakabaduš, satrape dans l'est de l'Iran, dont la Maison a facilité la circulation des personnes, des biens et des informations à travers le plateau iranien. L’exemple final concerne la carrière d'Axvamazdā, dont la Maison ne peut être séparée du système routier complexe qui s'étendait à travers l'Asie centrale achéménide. Un chapitre de synthèse, résumant les modèles plus larges émanant de ces études conclut la thèse.

Abstract

At its height, the Achaemenid Persian Empire (550-330 BCE) would stretch from Egypt and the Balkans to Central Asia and the Indus. How was this continental empire able to endure at such scale for over two centuries? This dissertation answers this question through the analysis of a particular institution: the house of the satrap. Satraps were the local representatives of royal power in the Achaemenid Empire who managed the interface between state and subject. These satraps operated not alone but rather through their entire “house,” as the primary source languages say. These houses included other humans such as the satrap’s family, free subordinates, and dependent laborers, as well as property such as agricultural estates. It is at the level of the satrapal house where the quotidian acts of imperialism took place. This dissertation is structured around a series of case studies which each examine particular satrapal houses. Two both consider the careers of three contemporary satraps (Tissaphernes, Pharnabazus, and Cyrus the Younger) in western Anatolia, with the first focusing on economic history and the second on social history. The next chapter studies Aršāma, whose activities spanned Egypt and Mesopotamia, and analyzes the structures of labor within his house. The following chapter narrates the career of Bēlšunu, a local official who rose to become satrap in Syria through fastidious dealing with his imperial superiors. Another chapter considers Bakabaduš, satrap in eastern Iran, whose house facilitated the movement of people, goods, and information across the Iranian plateau. The final case study examines the career of Axvamazdā, whose house cannot be disentangled from the complex road system that stretched across Achaemenid Central Asia. A chapter that summarizes broader patterns from these case studies concludes the dissertation.