Régis SACHS

Diplôme :
Doctorat
Mention :
Histoire, textes et documents
Date :
vendredi 12 mars 2021 - 10:00
La fièvre hectique dénommée phtisie. Le 3e chapitre du Livre des Fièvres composé, en arabe, au Moyen Âge par Isaac Israeli. Traduction du texte en français à partir des versions arabe et hébraïque. Analyse critique de son contenu scientifique

Régis SACHS soutiendra sa thèse de doctorat préparée sous la direction de Mme Judith OLSZOWY-SCHLANGER

  • Visioconférence
  • Jury : Mme Judith OLSZOWY-SCHLANGER, Mme Lola FERRE CANO, M. Joël COSTE, M. Tamas VISI

Résumé

Le Livre des Fièvres écrit en arabe, au Xe siècle par Isaac Israéli, comporte cinq chapitres dont le troisième, objet de ce travail, est consacré à la fièvre hectique. Il est admis par les historiens que la consomption fébrile décrite par Isaac représente la maladie tuberculeuse. La traduction inédite en français du troisième chapitre, produite dans ce travail, repose sur le texte de la version hébraïque obtenue à partir de cinq manuscrits hébreux traduits à partir de la version arabe. La version arabe, trouvée chez Latham et Isaacs a également été lue. Elle garantit la qualité de la traduction hébraïque très fidèle au texte arabe. L’ensemble a permis l’expression fidèle de la version française. L’analyse des manuscrits hébreux, tous anonymes et écrits en cursive, caractérise le type des écritures différentes et propose une séquence chronologique des manuscrits à partir de l’identification des sauts de phrases, des notes ajoutées dans les marges écrites par des mains différentes, en s’appuyant sur seulement deux manuscrits datés. Le manuscrit BNF 1126 est, par conséquent, considéré comme le très probable manuscrit traduit de l’arabe à l’hébreu vers la fin du XIIIe siècle dans la région catalane ou provençale. Les autres manuscrits ayant en plus contribué à sa diffusion. Une revue systématique des termes médicaux nouveaux du XIIIe siècle, dans la version hébraïque d’Isaac Israéli, selon les travaux de Gerrit Bos et ses collaborateurs, permet de proposer comme auteur très vraisemblable de la traduction Zerahia ben Isaac ben She’altiel Hen L’analyse scientifique du texte de la fièvre hectique médiévale fait ressortir les éléments cliniques, décrits dans le texte d’Isaac Israéli, qui évoquent la maladie tuberculeuse dans ses différentes formes. Mais en l’absence de la signature bactériologique du bacille tuberculeux, d’autres hypothèses diagnostiques étiologiques peuvent être envisagées. Bien que très influencé par ses prédécesseurs, en particulier grecs, Isaac Israéli se distingue par une rigueur scientifique tant sur le plan diagnostique que sur le plan pronostique qui repose sur son expertise reconnue par les universités médiévales. Il déploie et décrit, pour ses contemporains, une prise en charge thérapeutique des phtisiques qui a sans doute rendu bien des services aux patients à une époque où le traitement spécifique de la maladie tuberculeuse, entre autres, faisait et pour longtemps encore cruellement défaut.

Abstract

The Book of Fevers, written in Arabic in the 10th century by Isaac Israéli, has five chapters, the third of which, the subject of this work, is devoted to hectic fever. It is accepted by historians that the febrile consumption described by Isaac represents the tuberculous disease. The original French translation of the third chapter, produced in this work, is based on the text of the Hebrew version obtained from five Hebrew manuscripts translated from the Arabic version. The Arabic version, edited by Latham and Isaacs has also been read. It guarantees the quality of the Hebrew translation which is very faithful to the Arabic text. All together, it allowed the French version to be faithfully expressed. The analysis of the Hebrew manuscripts, all anonymous and written in cursive, characterizes the type of the different writings and proposes a chronological sequence of the manuscripts based on the identification of sentence breaks, notes added in the margins written by different hands, using only two dated manuscripts. Manuscript BNF 1126 is, therefore, considered the most likely manuscript translated from Arabic into Hebrew towards the end of the 13th century in the Catalan or Provençal region. The other manuscripts also contributed to its diffusion. A systematic review of the new medical terms of the 13th century in the Hebrew version of Isaac Israéli, according to the work of Gerrit Bos and his collaborators, allows us to propose Zerahia ben Isaac ben She'altiel Hen as the very likely author of the translation. Scientific analysis of the text of medieval hectic fever highlights the clinical elements, described in Isaac Israéli's text, which evoke tuberculosis in its different forms. However, in the absence of the bacteriological signature of the tuberculous bacillus, other etiological diagnostic hypotheses can be considered. Although greatly influenced by his predecessors, particularly the Greeks, Isaac Israéli stands out for his scientific thoroughness both in terms of diagnosis and prognosis, based on his expertise acknowledged by medieval universities. For his contemporaries, he deploys and describes a therapeutic treatment for phthisics which undoubtedly rendered many services to patients at a time when specific treatment for tuberculosis, among other diseases, was cruelly lacking for a long time.