Pierre-Marie SALLE

Diplôme :
Doctorat
Domaine de recherche :
Date :
samedi 26 février 2022 - 14:00 - 17:00
L'architecture et le décor des églises de la congrégation monastique de Saint-Maur : constructions, restaurations, aménagements liturgiques (1618-1790)

Pierre-Marie SALLE soutiendra sa thèse intitulée L'architecture et le décor des églises de la congrégation monastique de Saint-Maur : constructions, restaurations, aménagements liturgiques (1618-1790) le 26 février à 14H en Sorbonne. 

Lieu : EPHE - Sorbonne au 17 rue de la Sorbonne 75005 Paris – Escalier E – 1er étage droite - Salle Gaston Paris (D 064)

Composition du jury proposé    
M. Daniel-Odon HUREL - Laboratoire d'études sur les monothéismes UMR 8584-CNRS - Directeur de thèse
M. Alexandre GADY -  Sorbonne Université - Examinateur
M. Sylvio DE FRANCESCHI  - Laboratoire d'études sur les monothéismes UMR 8584 - CNRS
M. Mathieu LOURS - Université de Cergy-Pontoise 
Mme Hélène ROUSTEAU- CHAMBON - Université de Nantes - Rapporteure
 Mme Isabelle BRIAN - Université de Lorraine - Rapporteure

Résumé :
La congrégation de Saint-Maur (1618-1790), réforme bénédictine française des XVIIe-XVIIIe siècles, relève en deux siècles presque 200 anciens monastères de l’ordre, pour l’essentiel d’origine médiévale. Les mauristes sont connus pour leurs travaux d’érudition et notamment pour avoir posé les premiers jalons de la discipline historique telle qu’elle se pratique aujourd’hui. Ils sont également des religieux qui s’inscrivent dans le grand mouvement de la Réforme catholique. La plupart des anciens monastères se trouvent dans un état de dégradation avancée à la suite des crises du XVIe siècle. Le relèvement de ces établissements devient alors un vaste chantier architectural et mobilier qui se poursuit jusqu’à la Révolution. Cette thèse s’intéresse plus particulièrement aux églises des monastères, les bâtiments de la vie conventuelle ayant déjà fait l’objet d’une synthèse universitaire (Monique Bugner, 1980). Les mauristes ont dans la majorité des cas conservé et réparé les anciennes églises alors que les bâtiments conventuels étaient reconstruits selon une architecture nouvelle. Il s’agit donc d’interroger les raisons pour lesquelles l’église a fait l’objet d’un traitement spécifique au sein du monastère. A travers le regard et les choix des mauristes pour leurs églises, ce questionnement s’inscrit dans le temps long de l’histoire du patrimoine : la transmission de l’héritage architectural des églises médiévales monastiques a commencé avec le relèvement des monastères au XVIIe siècle. La congrégation a également reconstruit une petite partie de ses églises selon l’architecture gothique ou l’architecture classique, et il convient d’interroger les choix alors réalisés. Le relèvement des anciennes églises est aussi celui de son mobilier et de ses aménagements liturgiques. Ces religieux de la Réforme catholique s’inscrivent dans le renouvellement des chœurs et la modernisation du décor qui se développent aux XVIIe et XVIIIe siècles, consécutivement au concile de Trente. Les mauristes ont même été précurseurs et novateurs sur certains aspects. Il s’agit donc d’examiner les réalisations dans leur contexte et leur complexité institutionnelle, liturgique, et artistique pour saisir la place qu’occupent les mauristes dans un mouvement déjà étudié pour d’autres types d’églises (Mathieu Lours sur les cathédrales). La différence entre la conservation globale de l’architecture des anciennes églises et le renouvellement moderne du mobilier intérieur peut dès lors sembler paradoxale. C’est en interrogeant la convergence, chez les mauristes, de la vision historique et de l’esprit de réforme que cette thèse entend proposer une clé de lecture de ce temps de résurrection des grandes abbayes françaises.
 
Summary:
The congregation of Saint-Maur (1618-1790), a French Benedictine reform of the 17th-18th centuries, over two centuries raised almost 200 former monasteries of the order, mostly of medieval origin. The Maurists are known for their scholarly work and in particular for having laid the foundations for the historical discipline as it is practiced today. They are also religious who are part of the great movement of the Catholic Reformation. Most of the old monasteries are in a state of advanced degradation following the crises of the 16th century. The recovery of these places then became a vast architectural and furniture project that continued until the Revolution. This thesis focuses more particularly on churches in monasteries, buildings of conventual life having already been the subject of a university work (Monique Bugner, 1980). The Maurists have in the majority of cases preserved and repaired the old churches while the conventual buildings were rebuilt according to a new architecture. It is therefore a question why the church was the subject of specific treatment within the monastery. Through the eyes and choices of the Maurists about their churches, this questioning is part of the long history of heritage : the transmission of the architectural heritage of medieval monastic churches began with this rebuilding of monasteries in the 17-18th centuries. The congregation also rebuilt a small part of its churches according to Gothic architecture or classical architecture, and it is worth questioning the choices made then. The recovery of the old churches is also that of its furniture and its liturgical arrangements. These religious of the Catholic Reformation are part of the renewal of the choirs that developed in the 17th and 18th centuries, following the Council of Trent. The Maurists were even pioneers and innovators in some ways. It is therefore a question of examining the achievements in their context and their institutional, liturgical and artistic complexity in order to grasp the place occupied by the Maurists in a movement already studied for other types of churches (Mathieu Lours on the french cathedrals). The difference between the overall conservation of the architecture of old churches and the modern renewal of interior furnishings may therefore seem paradoxical. It is by questioning the convergence, among the Maurists, of the historical vision and the spirit of reform that this thesis intends to offer a key to reading this time of resurrection of the great French abbeys.