Mark FARNADI-JERUSÁLMI

Diplôme :
Doctorat
Mention :
Histoire, textes et documents
Date :
jeudi 11 mars 2021 - 15:00
Une analyse historique des différences entre les styles scribales ashkénazes, à savoir l'Arizal et le Beth Yosef

Mark FARNADI-JERUSÁLMI soutiendra sa thèse de doctorat préparée sous la direction de Mme Judith OLSZOWY-SCHLANGER

Co-tutelle avec l'université "Theological Seminary – University of Jewish Studies" (HONGRIE)

  • Visioconférence
  • Jury : Mme Judith OLSZOWY-SCHLANGER, M. Lawrence SCHIFFMAN, M. Daniel STÖKL BEN EZRA, M. Severio CAMPANINI, M. Khan GEOFFREY, M. Balázs FÉNYES, Mme Elisabeth HOLLENDER, Mme Jutta HAUSMANN

Résumé

Sofrei STaM (Torah scribes) modernes utilisent fondamentalement l'une des deux versions du script carré hébreu ashkénaze: celle du Beth Yossef ou celle de l'Arizal. Les deux styles d'écriture sont nommés d'après deux contemporains qui ont vécu et sont morts dans la ville de Safed, qui était alors considérée comme la Syrie ottomane. Le script Beth Yossef est nommé d'après l'œuvre monumentale de Rabbi Yossef Caro (1488 -1575), le Beth Yossef, dans laquelle il consacre une attantion particuliere aux formes des lettres de l'alphabet hébreu. Le script Arizal, qui diffère de l'ancien par rapport au nombre de lettres, était basé sur Rabbi Isaac Louria (1534 -1572, communément connu sous le nom «Arizal» 'le lion de mémoire bénie'. Il dirigea un groupe d'érudits dans l'étude mystique de la Kabbale. Alors que l'ancien script est généralement utilisé dans les rouleaux ashkénazes de la Torah, ce dernier est particulièrement caractéristique des communautés h'assidiques. Mon sujet de recherche, à savoir, le développement historique des lettres hébraïques, leur division en deux branches principales, les décisions religieuses qui ont influencé leur développement ainsi que leur analyse historique n'a pas encore fait l'objet d'une recherche approfondie. Dans mes recherches, je cherche à montrer que la forme en yod inversé de la lettre tsadé n'était pas caractéristique seulement du judaïsme séfarade, mais, comme l'attestent les anciens manuscrits ashkénazes, aussi d'une partie de l’ancienne tradition Ashkénaze. Ainsi on peut suggérer que ces formes de yod inverse ne sont pas originaires de la tradition kabbalistique de Rabbi Isaac Louria identifié avec Ashkenaz, encore moins dans la propagation du mouvement hassidique au 18ème siècle. La même chose peut être dit du pied gauche de l'aleph, ainsi que les autres lettres distinctives du script du Arizal et du Beth Yossef. Le but de mes recherches est multiple: je cherche les caractéristiques des lettres de l'alphabet hébreu qui distinguent une version de l'écriture ashkénaze de l'autre - en utilisant les termes utilisés aujourd'hui - Beth Yossef et Arizal: Comment les lettres en question sont-elles apparues à différentes périodes, comment elles se sont développées et quels événements historiques (décisions des rabbins, propagation des livres, changements géographiques et démographiques survenus dans les communautés ashkénazes) auraient pu faciliter cette évolution. La méthode utilisée pour cette recherche afin de discuter en profondeur les sujets que je traite dans ma thèse, des différentes écritures historiques devraient être examinés. Pourtant, les développements signalés ne correspondent pas à toutes les écritures carrées, car les règles halakhiques ne sont pas strictement respectées dans tous les manuscrits, tels que les mahzorim (livres de prières du festival). Par contre, le script utilisé dans les rouleaux de la Torah est idéal car, en raison du rôle rituel des rouleaux, les règles pertinentes étaient strictement respectées. Du point de vue de la recherche, toutefois, un tel examen est également problématique, les rouleaux de la Torah ne sont généralement pas datées,sauf pour des cas individuels où l'on trouve une inscription sur la atze hayim (les manches en bois auxquels le parchemin du rouleau de la Torah est attaché). Pour résoudre ce problème, j'ai décidé de me concentrer sur les quatre rouleaux médiévaux de la Torah d'Erfurt, en Allemagne. La communauté juive d'Erfurt a été pillée en 1349 à la suite de la peste connue sous le nom de 'peste noire'. Ces parchemins sont maintenant conservés à la bibliothèque d'État de Berlin. Mon analyse des lettres des rouleaux de la Torah d'Erfurt montre que, dan le cas où l'écriture Arizal diffère de celle Beth Yossef, le rouleau médiéval d'Erfurt est plus proche de l'écriture Arizal. Dans ma conclusion, je suggère des raisons possibles pour les changements qui ont abouti à deux styles d'écriture ashkénazes différents.

Abstract

Modern sofrei StaM (Torah scribes) use basically one of two versions of Ashkenazic Hebrew square script: that of the Beth Yosef or that of the Arizal. The two writing styles are named after two contemporaries who lived and died in the town of Safed, which was then considered Ottoman Syria. The Beth Yosef script is named after Rabbi Yosef Caro’s (1488 –1575) monumental work, the Beth Yosef, in which he devotes particular attention to the shapes of the letters of the Hebrew alphabet. The Arizal script, which differs from the former with respect to a number of letters, was based on the teachings of Rabbi Isaac Luria Ashkenazi (1534 -1572, commonly known as the “Ari” (meaning 'lion'), or the “Arizal,” (“the Ari of blessed memory”). The Ari led a group of scholars in the mystical study of the Kabbalah. While the former script is generally used in Ashkenazic Torah scrolls, the latter is particularly characteristic of Hassidic communities. My chosen theme, namely, the historical development of Hebrew letters, their division into two main branches, the religious decisions that impacted their development as well as their historical analysis, have thus far been overlooked in scholarship. To the best of my knowledge, the topic has not yet been treated in view of the significant palaeographic and halakhic aspects of Hebrew writing. My proposed scope of research will extend back to 12th century. In my research, I seek to show that the 'reverse' Yod of the Tzadi was not characteristic only of Sepharadic Jewry, but, as attested in old Ashkenazic manuscripts, part of the ancient Ashkenazic tradition. As such, I suggest that this reverse yod did not originate in the Kabbalistic tradition identified with Rabbi Isaac Luria Ashkenazy (a.k.a. Arizal), and even less in the Hassidic movement that spread in the 18th century. The same can be said about the Vav-shaped left part of the Shin, Tet and Ayin, and about the protruding left side of the left foot of the Aleph as well as the other letters distinguishing the script of the Arizal from that of the Beth Yosef. The purpose of my research is several-fold: I aim investigate the letters of the Hebrew alphabet which distinguish one version of Ashkenazic writing from the other - using the terms used today (which are not the most accurate ones) - the Beth Yosef and Arizal: How the letters in question appeared in different periods looked, how they developed and what historical events (rabbis' decisions, spread of books; geographic and demographic changes that took place in Ashkenazic communities) might have facilitated this evolution. The method used for this research In order to discuss in depth the topics I deal with in my thesis, historical scripts should be examined. Yet not all square scripts fit this purpose, as halakhic rules were not followed strictly in all manuscripts, such as mahzorim (festival prayer books). The script used in Torah scrolls, by contrast, is ideal, because, due to the scrolls’ ritual role, the relevant rules were strictly respected. From the point of view of research, however, such an examination is problematic, as Torah scrolls are generally not dated, except for individual cases where we find an inscription on the atzei hayim (the wooden poles to which the parchment of the Torah scroll is attached). To solve this problem, I decided to concentrate on the four medieval Torah scrolls from Erfurt, Germany. The Jewish community of Erfurt was plundered in 1349 in the wake of the plague known as the 'Black Death.' These scrolls are now housed in the Berlin State Library. An analysis of the letters of the Erfurt Torah scrolls yields that the elements of the Hebrew letters that differ between the two writing styles more strongly resemble the script known as Arizal than they resemble the script known as Beth Yosef. In my conclusion, I suggest possible reasons for the changes that resulted in the two different Ashkenazic writing styles.