Luca CRISMA

Diplôme :
Doctorat
Mention :
Religions et systèmes de pensée
Date :
vendredi 01 octobre 2021 - 14:00
De la théologie à l’ecclésiologie : les structures religieuses de la société chez Jean deSalisbury

Luca CRISMA soutiendra sa thèse de doctorat préparée sous la direction de M. Christophe GRELLARD

  • EPHE - Maison des Sciences de l'Homme, 54 bd Raspail,75006 Paris - salle 09
  • Jury : M. Christophe GRELLARD, Mme Frédérique LACHAUD, M. Mario PICCININI, M. Olivier BOULNOIS, Mme Julie BARRAU

Résumé

Au milieu du XIIe siècle, Jean de Salisbury compose son Policraticus, dont les livres IV-VI contiennent une description de l’office du prince et un traitement détaillé du corps politique. La formation de Jean se fait à Paris, et elle se distingue par sa connaissance des textes classiques, mais il travaille entre la curie de Rome et la cour de Cantorbéry. Son deuxième archevêque, Thomas Becket, mourra martyr. Ce travail se propose d’étudier le rôle de l’Église dans la pensée politique de Jean de Salisbury à partir de l’ensemble de ses oeuvres, en premier lieu le Policraticus (les livres VII-VIII contiennent la descriptions des évêques, des moines et des antipapes), mais aussi l’Historia Pontificalis et son Épistolaire, en analysant les rapports entre regnum et sacerdotium, mais aussi en essayant de voir jusqu’à quel point sa description du corps politique laïc soutend celle de l’Église institutionnelle. Ce discours s’intéresse aussi aux empires d’Orient et d’Occident, et à la distinction entre Église universelle et Églises particulières chez Jean. Selon Jean de Salisbury les royaumes sont illégitimes car ils ont été fondés sur un péché et dans la colère de Dieu. Jean fournit avec l’image des Brahmanes un exemple de société qui permet de dépasser la monarchie. À partir de l’histoire biblique, Jean sépare en deux l’histoire du peuple élu : vainqueur et favorisé par la protection de Dieu jusqu’au moment où il a été gouverné par des prêtres ; soumis au risque de la débâcle et de la tyrannie dès l’élection de son premier seigneur laïc. Nous verrons jusqu’à quel point l’institution ecclésiastique ressemble à celle laïque, et si Jean envisage aussi le dépassement de la médiation ecclésiale.

Abstract

By the half of the 12th century, John of Salisbury writes his Policraticus, in which the description of prince’s duties and a detailed analysis of the political body can be found in books IV-VI. John waseducated in the schools of Paris, and he acquired a wide knowledge of the classics, but he worked between Roman Curia and Canterbury’s episcopal court. His second archbishop, Thomas Becket, died as a martyr. In this dissertation we propose a study about the role of the Church in John of Salisbury’s political thought in the full body of his writings, primarily the Policraticus (descriptions of bishops, monks and antipopes can be found in books VII-VIII), but also the Historia Pontificalis and his letters. We will do so by analysing the relations between kingship and priesthood (regnum et sacerdotium), but also by posing the question on how much of the description of the lay political body can imply the ecclesiastical institution. This analysis is also applied to the empires of the West and the East and to the distinction between universal Church and particular Churches in John’s thought. According to John of Salisbury, kingdoms are illegitimate, as they are founded upon a sin and in God’s wrath. With the image of the Brahmans, John gives an example of a society which overcomes monarchy. Starting from biblical history, John cuts in two halves the story of the Jews: winners in battle and favored by God when they were governed by the priests; subjects to the risk of debacle and tyranny as soon as theirfirst lay lord was elected. We will see how much the ecclesiastical institution is similar to its lay counter part, and if John also envisions the overcoming of ecclesial mediation.