Laiza RODRIGUES DE SOUZA

Diplôme :
Doctorat
Mention :
Religions et systèmes de pensée
Date :
jeudi 06 mai 2021 - 13:30
La relation entre les concepts et le langage mental dans la pensée de Guillaume d’Ockham

Laiza RODRIGUES DE SOUZA soutiendra sa thèse de doctorat préparée sous la direction de M. Christophe GRELLARD et M. Alfredo STORCK

Co-tutelle avec l'Université Fédérale de Rio Grande do Sul (BRESIL)

  • visioconférence
  • Jury : M. Christophe GRELLARD, M. Alfredo STORCK, M. Aurélien ROBERT, M. Laurent CESALLI, M. Wladimir LISBOA, M. Ernesto PERINI-SANTOS

Résumé

Cette recherche a pour objectif d'étudier la relation entre les concepts et le langage mental dans la pensée de Guillaume d'Ockham. Le concept est la notion centrale de la philosophie d'Ockham et le point de départ de notre recherche, cependant il est difficile de trouver une définition univoque du concept dans ses œuvres. Lorsque Ockham aborde l'épistémologie, les concepts sont appelés actes mentaux et lorsqu'il développe son langage mental, ils sont appelés signes mentaux. Il existe également une troisième façon de traiter les concepts qui est liée à la notion de concept comme signe mental : les concepts comme universels. Par conséquent, il y a trois aspects des concepts que nous considérons comme fondamentaux : l'épistémologique, le sémantique et l'ontologique, auxquels se réfèrent respectivement les notions de concept comme acte, signe et universel. Ainsi, la première partie de notre thèse vise à articuler ces différentes acceptions de concept pour élaborer une synthèse des concepts chez Ockham qui servira de base à la compréhension de sa théorie du discours mental. L'hypothèse du langage mental suggère que la pensée a une structure grammaticale profonde, cette théorie qui a atteint son apogée avec Ockham au XIVe siècle a fini par disparaître au début de la modernité pour ne revenir qu'au XXe siècle avec un modèle associé à la programmation informatique. Dans la deuxième partie de nos recherches, nous nous sommes consacrés au langage mental d'Ockham et à ses origines conceptuelles. Ensuite, nous présentons le discours mental de Thomas Hobbes, en nous basant sur le modèle informatique pour faire une comparaison avec le discours mental d'Ockham. Hobbes applique la notion de calcul à la pensée, ce qui signifie qu'il considère les opérations mentales comme un certain type de calcul. Nous comparons un modèle du discours mental d'Ockham qui est essentiellement grammatical avec le discours mental de Hobbes qui est computationnel. L'objectif de cette comparaison est de montrer comment l'idée que la pensée est constituée comme un langage mental au Moyen-Âge a été remplacée par l'idée que l'esprit fonctionne comme une machine au début de la modernité. Cette transformation de la façon de concevoir les concepts, l'esprit et la pensée représente, dans une certaine mesure, le changement de paradigme de la philosophie médiévale à la philosophie moderne. Grâce à cette comparaison, nous pouvons justifier la fin du langage mental médiéval et mieux comprendre les limites du langage mental d'Ockham.

Abstract

The aim of this research is to investigate the relation between concepts and mental language in William of Ockham's thought. The concept is the central notion of Ockham's philosophy and the starting point of our research, however there is no univocal definition of the concept in his works. When Ockham approaches epistemology, concepts are called mental acts and when he develops his mental language, they are called mental signs. There is also a third way of addressing concepts that is related to the notion of concept as mental sign: concepts as universal. Therefore, there are three aspects of concepts that we consider fundamental: the epistemological, the semantical and the ontological, to which the notions of concept as act, sign, and universal refer respectively. Thus, the first part of this thesis aims to articulate these different meanings of concept to elaborate an overview of the concepts in Ockham that will serve as a basis for understanding his theory of mental discourse. The hypothesis of mental language suggests that thought has a deep grammatical structure, this theory that reached its culmination with Ockham in the 14th century eventually disappeared at the beginning of modernity and returned only in the 20th century with a model associated with computer programming. In the second part of the research, we explored Ockham's mental language and its conceptual origins. Then, we present Thomas Hobbes' mental discourse, based on the computer model to compare with Ockham's mental discourse. Hobbes applies the notion of calculus to thought, meaning that he considers mental operations a certain type of calculus. We compare a model of Ockham's mental discourse that is essentially grammatical with Hobbes' mental discourse that is computational. The purpose of this comparison is to show how the notion that thought is constituted as a mental language in the Middle Ages gave way to the notion that the mind functions as a machine in early modernity. This transformation of the way of conceiving concepts, mind, and thought represents, to some extent, the paradigm shift from medieval to modern philosophy. Through this comparison, we can justify the end of medieval mental language and better understand the limits of Ockham's mental language.