Karl Bader HENGA BOTSIKA BOBE

Diplôme :
Doctorat
Mention :
Systèmes intégrés, environnement et biodiversité
Date :
vendredi 12 mars 2021 - 14:00
Evolution des écosystèmes dans un contexte de mosaïque de forêt-savane et de présence humaine depuis 9000 ans BP au Parc National de la Lopé (Gabon central) : Approche palynologique

Karl Bader HENGA BOTSIKA BOBE soutiendra sa thèse de doctorat préparée sous la direction de M. Laurent BREMOND

  • Institut des Sciences de l'Evolution - Montpellier UMR5554 UM/EPHE/IRD/CNRS - Université de Montpellier - CC 065 - 34095 MONTPELLIER Cedex 05. Salle : Louis Thaler
  • Jury : M. Laurent BREMOND, Mme Florence SYLVESTRE, Mme Doris BARBONI, M. Doyle MCKEY, Mme Maria-Fernanda SANCHEZ-GONI

Résumé

La présente thèse a étudié, essentiellement à partir d’analyses polliniques, l’évolution de la végétation en mosaïque de foret-savane du Parc National de la Lopé (PNL, Gabon Central), en Afrique Centrale Atlantique. Les résultats de la pluie pollinique à partir d’échantillons de surface de marais, disséminés au sein du parc, ont montré (i) la robustesse de ces dépôts palustres à enregistrer les principales formations végétales du parc ; et (ii) mis en évidence le signal local à régional de ces marais qui enregistrent très peu la végétation extra-local à l’exemple des Poaceae qui n’excèdent jamais 25%. Par ailleurs, les enregistrements fossiles révèlent que cette végétation extra-locale, essentiellement savanicole, serait présente depuis au moins 9000 ans BP au PNL ce qui démontre que ces savanes incluses seraient beaucoup plus anciennes que leur mise en place documentée dans la région. Ces savanes qui seraient des reliques d’une ancienne période aride ont fait une incursion dans le bloc forestier autour de 3800 ans BP, à la suite d’une baisse d’humidité du milieu, avant une installation permanente des Poaceae et Cyperaceae au sein même des marais autour de 3000 ans BP, leur conférant un signal local jusqu’à nos jours. Cette colonisation des marais par les Poaceae s’est probablement faite à la faveur de l’ouverture du bloc forestier d’Afrique central, documentée entre 3000 et 2000 ans BP. Les marais en milieu ouvert ont été régulièrement envahit par la ripisylve proche au rythme des variations d’humidité tandis que les sites forestiers sont resté relativement stables depuis 2000 ans BP du fait d’une moindre sensibilité aux variations d’humidité. Il ressort de ce qui précède que l’Homme ne semble pas avoir impacté de façon significative la mosaïque de foret-savane de la Lopé, bien qu’il ait durablement interagit avec cet environnement. En effet, le suivi de l’évolution d’espèces d’affinité humaine dans les spectres pollinique ne montre aucune variation significative aussi bien quand l’Homme est présent dans le milieu que lorsqu’il est absent durant le hiatus d’occupation humaine (1400-800 ans BP). Les résultats montrent que ces taxons d’affinité humaine ont évolué au rythme des variations d’humidité du milieu et leur distribution semble contrainte par leur écologie primaire.

Abstract

This thesis has studied, mainly using pollen analyzes, the evolution of forest-savanna mosaic vegetation of the Lopé National Park (LNP, Central Gabon), in Central Atlantic Africa. The results of the pollen rain from surface samples of marshes, disseminated within the park, showed (i) the robustness of these marsh deposits in recording the main plant formations of the park; and (ii) highlighted the local to regional signal of these marshes which register very little extra-local vegetation, as the Poaceae which never exceed 25%. In addition, fossil records reveal that this extra-local vegetation, mainly savannah, has been present for at least 9000 years BP at LNP, which shows that these enclosed savannas are much older than their documented establishment in the region. These savannas, which would be relics of an ancient arid period, made an incursion into the forest block around 3800 years BP, following a drop in the humidity of the environment, before a permanent installation of the Poaceae and Cyperaceae within marshes around 3000 years BP, giving them a local signal until today. This colonization of the marshes by the Poaceae was probably due to the opening of the forest block of Central Africa, documented between 3000 and 2000 years BP. The open marshes have been regularly invaded by the nearby riparian forest according to variations in humidity while the forest sites have remained relatively stable for 2000 years BP due to a less sensitivity to changes in humidity. It emerges from the above that Man does not seem to have significantly impacted the evolution of the forest-savannah mosaic of Lopé, although he has had a lasting interaction with this environment. Indeed, the monitoring of the evolution of species of human affinity in the pollen spectra does not show any significant variation both when humans are present in the environment and when they are absent during the hiatus of human occupation ( 1400-800 years BP). The results show that these human affinity taxa have evolved in line with variations in the humidity of the environment and their distribution seems constrained by their primary ecology.