Julianna PAKSI

Diplôme :
Doctorat
Mention :
Histoire, textes et documents
Date :
mardi 03 novembre 2020 - 10:00
Hétérogénéité linguistique dans les inscriptions royales ramessides

Julianna PAKSI soutiendra sa thèse de doctorat préparée sous la direction de M. Andréas STAUDER et Mme Mme Suanne BICKEL

Co-tutelle avec l'université de Bâle (SUISSE)

  • Université de Bâle - Décanat de la Faculté des Lettres - Bernoullistrasse 28, 4056 Basel, Suisse. Salle : 001
  • Jury : M. Andréas STAUDER, M. Jean WINAND, Mme Suanne BICKEL, M. Fredrik HAGEN

Résumé

Cette thèse examine le phénomène d’hétérogénéité linguistique – défini comme l’emploi concurrent d’éléments relevant de normes linguistiques diverses de l’égyptien ancien – dans les inscriptions royales ramessides (env. 1300-1100 av. J. C.). Dans ce but, une approche tridimensionnelle – associant une étude grammaticale, lexicale et orthographique des sélections linguistiques – a été adoptée et appliquée à un florilège restreint de textes. L’analyse détaillée de cinq textes – l’inscription de Séthi Ier à Kanais, la stèle de Mérenptah à Hermopolis, la double stèle de Ramsès III à Karnak, la grande inscription de Ramsès IV au Ouadi Hammamat et la grande stèle abydénienne de Ramsès IV à Osiris et aux autres dieux – démontre que la variation linguistique servait le message principal de ces textes et la logique compositionnelle. Dans la langue de ces inscriptions, l’hétérogénéité linguistique fonctionne donc comme un dispositif structurel qui articule le texte et comme un outil rhétorique. En outre, l’examen approfondi de plusieurs inscriptions royales ramessides démontre que les compositeurs des textes employaient les « couches » passées de la langue d’une façon créative et innovante. Cette approche pragmatique et productive avait, cependant, un point de référence très spécifique : le début de la XVIIIe dynastie (env. 1550-1350 av. J. C.) et, particulièrement, les inscriptions royales monumentales de cette époque-là. Par une recherche d’équilibre entre innovation et tradition, l’hétérogénéité linguistique de ces textes reflète la dynamique culturelle de l’époque et peut être perçue comme la manifestation linguistique de l’identité culturelle et politique des rois ramessides.

Abstract

This study examines the phenomenon of linguistic heterogeneity — the concurrent use of simultaneously existing standard written varieties of the Egyptian language — in the royal inscriptions of the Ramesside era (ca. 1300–1100 BCE). A detailed, three-dimensional approach was adopted to this end — which takes into account the grammatical, lexical, and orthographic selections of the inscriptions — and was applied to a relatively small sample of texts. The detailed analysis of Seti I’s Kanais Inscription, Merenptah’s Hermopolis Stela, Ramesses III’s Great Double Stela, and Ramesses IV’s Great Hammamat Inscription and Great Abydos Stela to Osiris and the Gods shows that linguistic variation was generally put in service of the inscriptions’ central message and compositional logic. In the language of these texts, linguistic heterogeneity thus commonly functions as a text structuring and as a rhetorical device. The in-depth study of several Ramesside royal inscriptions demonstrates, furthermore, that the ancient composers of the texts had a creative and innovative way of dealing with past layers of their language. They reinvented and recreated the traditions they were aiming at. This rather pragmatic and productive approach to the past, nevertheless, had a specific point of reference: the early Eighteenth Dynasty (ca. 1550–1350 BCE) and, particularly, the monumental royal inscriptions thereof. The linguistic heterogeneity of the Ramesside royal inscriptions thus reflects the cultural dynamics of the era and serves as the linguistic manifestation of the Ramesside kings’ cultural and political identity by representing a balancing act between tradition and innovation.