Isabelle CONTE

Diplôme :
Doctorat
Mention :
Histoire, textes et documents
Date :
jeudi 18 mars 2021 - 09:00
Le Bal des Quat’z’Arts (1892-1966). Quand la célébration de l’esprit d’atelier devient œuvre d’art

Isabelle CONTE soutiendra sa thèse de doctorat préparée sous la direction de M. Jean-Michel LENIAUD

  • Institut national d'histoire de l'art (INHA), Salle Vasari - 2, rue Vivienne, 75002 PARIS
  • Jury : M. Jean-Michel LENIAUD, Mme Anne-Marie CHÂTELET, M. Bertrand TILLIER, M. Jean-Claude YON, M. Frédéric CHAPPEY, M. Maurice CULOT

Résumé

Cette thèse porte sur le bal des Quat’Z’Arts, le bal des élèves des Beaux-Arts de Paris qui se déroula de 1892 à 1966. Cette fête costumée était l’une des plus grandes fêtes d’artistes de son temps. Le nom même de « Quat’Z’Arts » est presque un programme ou du moins un hommage. Il découle du découpage des « quatre arts » prônés par les institutions académiques : l’architecture, la peinture, la sculpture et la gravure. Cette fête se caractérisait par son ampleur et par le souhait de réaliser une union des arts. On y bâtissait des loges, concevait des décors, des costumes et des chars. On y formait des tableaux vivants et toute la salle devenait une vaste reconstitution historique passée à travers un filtre : celui de l’esprit d’atelier. En s’appuyant sur les archives du comité conservées à l’École des beaux-arts et en mains privées et en collectant des sources orales auprès des derniers organisateurs et témoins de l’événement, on a voulu décrire l’événement, puis on en a retracé l’histoire en le mettant en perspective et en évoquant sa réception et son influence. Le bal des Quat’Z’Arts est en effet à l’origine des Beaux-Arts Ball américains et de nombreuses autres festivités, comme les bals qu’organisèrent les artistes de Montparnasse à partir des années 1920. Une première partie, descriptive, est consacrée aux différents temps forts de cette fête. On y expose son déroulement le temps d’une nuit, puis la sollicitation des cinq sens durant la fête. On y décrit ensuite les préparatifs tout au long de l’année. Pour organiser, imaginer, réaliser et financer cet événement, un comité d’organisation était nommé. On en a décrit le fonctionnement et les travaux. Puis, on présente les participants. La seconde partie est historique. Il s’agit de présenter sa première édition en 1892, Henri Guillaume, son fondateur, les motivations des élèves et les différents événements qui inspirèrent leur fête : les bals du Courrier Français, les fêtes d’atelier, le bal de l’académie Julian, le bal des incohérents et les fêtes des grandes écoles. On suit ensuite la façon dont les formules du Quat’Z’Arts s’élaborent autour d’un noyau qui s’est très vite fixé. Les périodes des guerres y sont analysées afin d’y observer les éléments de continuité et de rupture. Enfin, dans une dernière partie interprétative, on a voulu expliquer ce qu’était cet événement en le resituant dans le contexte de l’esprit d’atelier, des autres traditions et fêtes de l’École des beaux-arts et en le comparant avec le bal de l’Internat. On en a analysé les productions et on a étudié son iconographie et sa dimension rituelle. En s’appuyant sur les livres d’or d’atelier, on a resitué l’événement au sein d’une culture d’école et, auparavant, d’une identité artistique dont on est allé chercher les origines sous le Directoire.

Abstract

This thesis focuses on the Quat’Z’Arts ball, the ball for students of the École des beaux-arts in Paris which took place from 1892 to 1966. This costume party was one of the biggest artists' parties of its time. The name of "Quat’Z’Arts" is almost a program or at least a tribute. It stems from the breakdown of the "four arts" advocated by academic institutions: architecture, painting, sculpture and engraving. This festival was characterized by its magnitude and by the desire to achieve a union of the arts. They built lodges, designed sets, costumes and chariots. Living tableaux were formed there and the whole room became a vast historical reconstruction passed through a filter: that of the workshop spirit. By relying on the archives of the committee kept at the École des beaux-arts and in private hands and by collecting oral sources from the last organizers and witnesses of the event, we wanted to describe the event, then we traced the story by putting it in perspective and evoking its reception and influence. The Quat’Z’Arts ball is indeed at the origin of the American Beaux-Arts Ball and many other festivities, such as the balls organized by the artists of Montparnasse from the 1920s. A first, descriptive part is devoted to the various highlights of this festival. It exhibits its unfolding overnight, then the solicitation of the five senses during the party. It then describes the preparations throughout the year. To organize, imagine, realize and finance this event, an organizing committee was appointed. We have described its operation and work. Then, we introduce the participants. The second part is historical. It is about presenting its first edition in 1892, Henri Guillaume, its founder, the motivations of the students and the various events which inspired their celebration: the balls of the Courrier Français, the workshop celebrations, the ball of the Julian academy. , the ball of the incoherents and the festivals of the grandes écoles. We then follow the way in which the Quat’Z’Arts formulas are developed around a core that quickly became established. The periods of wars are analyzed there in order to observe the elements of continuity and rupture. Finally, in a last interpretative part, we wanted to explain what this event was by placing it in the context of the workshop spirit, other traditions and festivals of the School of Fine Arts and comparing it with the boarding school ball. We analyzed its productions and studied its iconography and its ritual dimension. By relying on the workshop guest books, we placed the event within a school culture and, previously, an artistic identity, the origins of which were sought under the Directory.