Giulia BRUSORI

Diplôme :
Doctorat
Mention :
Histoire, textes et documents
Date :
jeudi 23 juin 2022 - 15:00
Nicolò dell’Abate en France: dessins et projets décoratifs. Proposition pour un catalogue

Giulia BRUSORI soutiendra sa thèse de doctorat préparée sous la direction de Mme Sabine FROMMEL et Mme Sonia CAVICCHIOLI

Co-tutelle avec l'Université de Bologne (ITALIE)

  • Complesso di Santa Cristina della Fondazza, Piazzetta Giorgio Morandi, 2, 40125 Bologna BO. Salle : Salone riunioni
  • Jury : Mme Sabine FROMMEL, Mme Sonia CAVICCHIOLI, M. Alessandro ROVETTA, Mme Emmanuelle BRUGEROLLES, M. Carmelo OCCHIPINTI

Résumé

La thèse examine l’activité artistique de Nicolò dell’Abate (Modène, 1509 - Paris, 1571), avec une référence particulière à son style et à sa technique graphique. L'artiste a travaillé pendant une soixantaine d’années réparties entre l’Italie ou, pour mieux préciser, l'Émilie, dans certaines de ses petites entités politiques autonomes comme Modène, Scandiano, Soragna, Busseto, Bologne, et la France, puissant État national qui, à l'époque pris en considération ici, est dirigé par la famille Valois: la carrière italienne de Nicolò dell'Abate se développe sur une période qui s'étend de 1529 au printemps 1552, date à laquelle il s'installe définitivement en France pour y mourir après la fin de mars 1571. Le contexte péninsulaire de l'époque était considérablement différent de celui de la France, puisque le territoire italien était parsemé de différents petits États, chacun avec sa propre autonomie et une cour qui le dirigeait: Nicolò a travaillé pour une série de familles différentes et importantes, les Este à Modène, la famille Boiardo à Scandiano, les Meli Lupi à Soragna et peut-être aussi à Busseto, pour ensuite passer à Bologne, la deuxième ville la plus importante de l’État pontifical, obtenant diverses commandes tant de la part de l’administration municipale que de puissants individus, particulièrement liés à la sphère ecclésiastique, comme le protonotaire apostolique Bartolomeo Torfanini et le cardinal Giovanni Poggi. Au contraire, la France était alors un État national, gouverné par une monarchie absolue. Lorsque Nicolò arrive à la cour de France au printemps 1552, à la tête du royaume de France il y a Henri II et Catherine de Médicis. A son arrivée, Nicolò dell’Abate obtint immédiatement la commande de deux portraits du roi et de la reine, qui ont été perdus, et des cartons pour les émaux de la Sainte Chapelle de Paris; il est inséré dans l’atelier de Francesco Primaticcio opérant au château de Fontainebleau. Néanmoins, Nicolò reçut une série de commandes importantes de la partie des principaux représentants de la cour: Cosme Clausse et Jean du Thier, fonctionnaires très proches du roi, lui confièrent tous les deux l’exécution des fresques des chapelles de leurs châteaux de Fleury-en-Bière et Beauregard avec des scènes liées à la Passion et à la Résurrection du Christ. Au milieu des années ‘50, le Connétable Anne de Montmorency charge Nicolò de décorer l'une des nombreuses galeries de son Hôtel parisien de la rue Saint-Avoye. Le 10 juillet 1559 Henri II décède: pendant le long règne de Catherine, Nicolò dell'Abate travaille principalement à Fontainebleau, pour les pièces intérieures et extérieures desquelles il peint également diverses toiles de paysage, genre dans lequel l'artiste a toujours excellé et qui acquiert une nouvelle vigueur avec la reine mère. Le lieu le plus représentatif de ces nouvelles instances promues par Catherine est certainement la laiterie de la Mi-Voie: la reine mère commanda la décoration de la laiterie à un groupe d'artistes sous la direction du Primatice, qui la décora d'une grotte, de grotesques peintes, de motifs astrologiques dorés et d'une toile, cette dernière peinte par Nicolò dell'Abate, représentant selon toute probabilité la laiterie elle-même et les activités connexes. La dernière grande entreprise dans laquelle Nicolò a été impliqué était la préparation des entrées solennelles du roi Charles IX et de la reine Elisabeth d'Autriche, son épouse, à Paris en 1571: Nicolò et Giulio Camillo, son fils, ont été chargés d'exécuter les peintures sur les arcs érigés spécifiquement pour l'occasion et dans la salle de l'Archevêché au palais Apostolique, où se tenait le banquet en l'honneur de la reine. Après la fin mars 1571, Nicolò disparaît, laissant derrière lui un héritage artistique remarquable qui ne laissera pas indifférentes les générations successives d'artistes, français et nordiques, qui formeront la deuxième école de Fontainebleau sous Henri IV.

Abstract

The thesis examines the artistic activity of Nicolò dell'Abate (Modena, 1509 - Paris, 1571), with particular reference to his style and graphic technique. The artist has worked for about sixty years in Italy or, to be more precise, Emilia, in some of its small autonomous political entities such as Modena, Scandiano, Soragna, Busseto, Bologna, and France, a powerful national state that, at the time considered here, is headed by the Valois family: the Italian career of Nicolò dell'Abate develops over a period that extends from 1529 to spring 1552, date at which he settled permanently in France to die there after the end of March 1571. The peninsular context of the time was considerably different from that of France, since the Italian territory was dotted with different small states, each with its own autonomy and a court that ruled it: Nicolò worked for a series of different and important families, the Este in Modena, the Boiardo family in Scandiano, the Meli Lupi in Soragna and perhaps also in Busseto, and then moved to Bologna, the second most important city in the papal state, obtaining various orders from the municipal administration as well as powerful individuals, particularly related to the ecclesiastical sphere, such as the Apostolic Protonotary Bartolomeo Torfanini and Cardinal Giovanni Poggi. On the contrary, France was then a national state, governed by an absolute monarchy. When Nicolò arrived at the court of France in the spring of 1552, at the head of the kingdom of France there were Henry II and Catherine de’ Medici. On his arrival, Nicolò dell'Abate immediately obtained the commission of two portraits of the king and queen, which were lost, and boxes for the enamels of the Holy Chapel of Paris; he was inserted in the workshop of Francesco Primaticcio operating at the castle of Fontainebleau. Nevertheless, Nicolò received a series of important charges by the principal representatives of the court: Cosme Clausse and Jean du Thier, officials very close to the king, both commissioned to him the execution of the frescoes of the chapels of their castles of Fleury-en-Bière and Beauregard with scenes related to the Passion and Resurrection of Christ. In the mid-1550s, the Constable Anne de Montmorency commissioned Nicolò to decorate one of the many galleries in his Parisian hotel on Rue Saint-Avoye. On July 10, 1559 Henry II dies: during the long reign of Catherine de’ Medici, Nicolò dell'Abate works mainly at Fontainebleau, in the interior and exterior rooms for which he also paints various landscape paintings, genre in which the artist has always excelled and which acquires a new vigor with the queen mother. The most representative place of these new instances promoted by Catherine is certainly the dairy of the Mi-Voie: the queen mother ordered the decoration of the dairy to a group of artists under the direction of Primaticcio, who decorated it with a cave, painted grotesques, gold astrological motifs and a canvas, the latter painted by Nicolò dell'Abate, representing in all probability the dairy itself and related activities. The last major undertaking in which Nicolò was involved was the preparation of the solemn entries of King Charles IX and Queen Elizabeth of Austria, his wife, in Paris in 1571: Nicolò and Giulio Camillo, his son, were commissioned to perform the paintings on the arches erected specifically for the occasion and in the Hall of the Archdiocese at the Apostolic Palace, where the banquet in honor of the Queen was held. After the end of March 1571, Nicolò disappeared, leaving behind a remarkable artistic tradition which will not leave indifferent the successive generations of artists, French and Nordic, who formed the second school of Fontainebleau under Henri IV.