Federica FUMANTE

Diplôme :
Doctorat
Mention :
Histoire, textes et documents
Date :
jeudi 28 octobre 2021 - 11:30
Pour une réédition des inscriptions osques de Capoue dites "iuvilas"

Federica FUMANTE soutiendra sa thèse de doctorat préparée sous la direction de M. Emmanuel DUPRAZ

Co-tutelle avec l'Università degli Studi di Roma Tor Vergata" (ITALIE)

  • Università di Roma "Tor Vergata" - Via Columbia 00133, Roma. Salle : Sala 1
  • Jury : M. Emmanuel DUPRAZ, M. Paolo POCCETTI, Mme Alessandra INGLESE, M. Dominique BRIQUEL

Résumé

Le corpus des 'iuvilas', ainsi nommé en raison de la présence du terme iuvilas attesté seulement ici, est un groupe d'inscriptions en langue osque qui proviennent de l'antique Capoue. Ces inscriptions représentent un unicum dans la documentation de toutes les aires sabelliques, en raison du contenu et de la structure des textes eux-mêmes - qui mentionnent un rituel religieux en présence d'un magistrat - en raison de l’iconographie qui véhicule une partie des informations, et enfin en raison de la présence, quasi constante, de données calendaires. La plupart des textes proviennent du Fondo Patturelli où se trouvait un important lieu de culte pré-romain établi au milieu du VIe siècle av. J.-C. ; un assez petit nombre de textes provient probablement du Fondo Tirone. Ce corpus, inclus dans les différents recueils d'inscriptions des langues de l'Italie antique, a fait aussi l'objet de deux monographies. La première est celle de J. Heurgon, Etude sur les inscriptions osques de Capoue dites Iúvilas (1942) ; la seconde, celle d'A. Franchi de Bellis, Le iovile capuane (1981). Ces deux éditions présentent des différences considérables entre elles. Même la plus récente pose des problèmes (déjà partiellement mis en évidence par Michael Crawford en 2011). En particulier, méritent d'être pris en considération la relation entre le champ épigraphique et son support ainsi que le placement et la disposition des stèles dans leur contexte. Sur le plan linguistique, on ne sait pas encore tout sur la pragmatique sous-jacente à ces textes. Notre analyse est d'abord partie du réexamen de ce qui est déjà connu, peu connu ou mal connu, et de sa reconsidération à la lumière non seulement des découvertes récentes sur le corpus lui-même, mais aussi, plus largement, des progrès sur les langues et les cultures de l'Italie préromaine au cours des trente dernières années. Sur la base de ces prémisses, on a tenté de reprendre l'étude des textes en vue de leur réédition. La recherche est partie de la question du contexte extra-linguistique, auquel se réfèrent les données linguistiques présentes dans les textes. La révision des éléments historico-archéologiques a été fondamentale : les connaissances actuelles sur les contextes de fouille des iuvilas (où par contexte on entend l'histoire de l'inscription de sa découverte à nos jours) ont été revues à la lumière de documents d'archives inédits. Par ailleurs, les motifs représentés sur les terres cuites ont été étudiés en profondeur à l'aide de sources littéraires et numismatiques et surtout grâce à la comparaison avec des représentations coroplastiques similaires. Tout cela a nécessité une approche philologique des textes, préalable à toute analyse linguistique. L'approche philologique a impliqué la relecture des inscriptions, l'analyse du type de support, la définition de la chronologie - relative et absolue - de cette classe de textes. Les connaissances acquises ont été remises en ordre avec une organisation nouvelle de la description de chaque inscription. Pour cette reconstitution, des autopsies ont été effectuées - lorsque cela était possible - accompagnées d'analyses de reproductions photographiques, en partie déjà connues, en partie inédites. L'étude des aspects linguistiques et l'analyse textuelle de chaque texte par rapport à l'ensemble ont suivi les principes de la linguistique du texte et de la pragmatique, en osmose avec la linguistique historico-comparative. Cette recherche, en plus de contribuer à la philologie italique et de faire faire des progrès à la connaissance des langues et des cultures de l'Italie préromaine, a un impact direct sur un niveau historique et ethno-anthropologique plus général. En effet, l'approfondissement de ce corpus est en mesure non seulement d'apporter une contribution importante à la connaissance de la culture spécifique qui l'a constitué, mais aussi, plus généralement, de documenter de nombreux aspects ethnolinguistiques et anthropologico-culturels liés à lui.

Abstract

The corpus of 'iuvilas', so called for the term iuvilas which only occurs here, is a group of oscan inscriptions comes from ancient Capua. These inscriptions are an unicum, in the documentation of the entire Sabellic area, for the structure and nature of the texts themselves - which mention a religious ritual in the presence of a magistrate -, the iconography which codifies part of the information, the almost constant mention of calendar data. Most of the texts come from the Patturelli Fund where there was an important pre-Roman sanctuary dating back to the middle of the 6th century BC.; only a few, probably, from Tirone Fund. To the corpus, included in the different handbook of inscriptions of the languages of ancient Italy, were dedicated two monographies, the first “Study on the Osques Inscriptions of Capoue dit Iúvilas” (1942) written by Jacques Heurgon, followed in 1981 from "Le iovile capuane" written by A. Franchi de Bellis. These two editions are considerably different, due to the progress of the knowledge of the Sabellic languages. However, even the latest edition, has incongruences (already partially highlighted by Crawford in 2011). In particular, deserve to be taken into account the relationship between the distribution of writing in relation to the supports, as well as the placement and arrangement of the stelae in the context. Textual aspects of this epigraphic typology have been investigated. We don’t know everything about the pragmatics underlying these texts. The remarkable lexical repertoire, mainly composed of calendar terms, offers rare terms for comparison with other data from the Italic world. Our analysis began with the reorganization of what is already known and its relative misunderstanding, trough a reconsideration of recent innovations of the corpus itself, but also of broader acquisitions of languages and cultures of pre-Roman Italy over the past thirty years. Starting from these premises we have re-examined the texts to offer contributions for a new edition. The research started with the review of the extra-linguistic context which the linguistic data in the texts refer to. The revision of the historic-archaeological aspect was fundamental: the current knowledge of the contexts of “iovile” excavations, from the discovery to the present day, have been reviewed at the light of unpublished archival documents. In addition, iconography represented on terracotta have been studied in depth using literary and numismatic sources and especially thanks to comparison with similar coroplastic representations. As we mentioned before, the peculiarity of this corpus is also linked to iconography which codifies part of the information. This required a philological approach to the texts, previous any linguistic analysis. This approach involved several levels: rereading the inscriptions, analysing the type of media, defining the chronology - relative and absolute - of this class of texts. For this reconstruction, we have reorganized the description of each epigraph. Autopsy reconnaissance was carried out - when possible - accompanied by analyses of photographic reproductions, partly already known, partly unpublished. The study of linguistic aspects and the textual analysis of each text followed the principles of text linguistics and pragmatics correlated to the principles of historical-comparative linguistics. This research, in addition to contributing to Italic philology and increasing knowledge of the languages and cultures of pre-Roman Italy, has a direct impact on a more general historical and ethno-anthropological level. Indeed, deepen knowledge about this corpus allow to enrich studies of the specific culture which expressed it, but also, more generally, to enlarge ethnolinguistic and anthropological-cultural aspects that are related to it.