Emanuele CASELLA

Diplôme :
Doctorat
Mention :
Religions et systèmes de pensée
Date :
jeudi 30 septembre 2021 - 14:00
Le culte de Bastet/Boubastis en Egypte et sa diffusion en Méditerranée à l'époque gréco-romaine

Emanuele CASELLA soutiendra sa thèse de doctorat préparée sous la direction de M. Laurent COULON

  • EPHE - Maison des Sciences de l'Homme, 54 bd Raspail,75006 Paris - salle 09
  • Jury : M. Laurent COULON, M. Philippe COLLOMBERT, M. Jean-Louis PODVIN, M. Paolo GALLO, Mme Christiane ZIVIE-COCHE

Résumé

Cette étude porte sur le culte de Bastet / Boubastis (sous sa forme grecque) à l'époque gréco-romaineà travers l'analyse des objets votifs qui lui sont dédiés. A partir de l'âge pharaonique, Bastet est vénérée en Égypte comme une déesse à l'apparence d'un chat ou comme une femme à tête de chatte avec ses principaux attributs, le sistre, l'égide et le panier. À l'époque ptolémaïque, Boubastis est devenue l'une des divinités les plus importantes du panthéon égyptien, notamment pour son rôle de protectrice des femmes enceintes et des jeunes enfants ; de plus, les rois lagides et leurs épouses promeuvent son culte non seulement avec des réformes religieuses, mais aussi à travers la construction et la restauration de sanctuaires dédiés à la déesse, comme le Boubasteion d'Alexandrie récemment découvert. À l'époque romaine, le culte se répand en Méditerranée, surtout en Occident,jusqu'aux frontières de l'Empire. Les Romains assimilent une déesse désormais hellénisée qui est le résultat de la réélaboration de l’iconographique ptolémaïque de Boubastis et du syncrétisme avec Isis.La popularité de Boubastis est confirmée par la découverte de nombreux ex-voto, souvent avec des caractéristiques stylistiques et iconographiques qui sont un croisement entre la culture égyptienne et grecque. De plus, les Grecs d'Égypte ont retravaillé l'image de Bastet / Boubastis pour la faire coïncider avec les « goûts » de la population de culture grecque qui ne s'identifiait pas avec les objets votifs locaux et ont également créé de nouvelles catégories d'ex-voto sans rapport avec le culte égyptien de la déesse. Un corpus de tous ces témoignages matériels a été élaboré et divisé en six catégories typologiques : les statuettes de Bastet, les statuettes de chats, les statues d'enfants, les stèles, les tablettes votives et les statues portant des dédicaces. Un autre catalogue contenant tous les objets votifs retrouvés en dehors de l'Égypte a été produit. Chaque catégorie est constituée d'ex-voto réalisés dans différents matériaux (bronze, terre cuite ou pierre) ; en fournissant un aperçu plus précis des différentes productions égyptiennes de l'époque gréco-romaine, ce corpus souligne la grande hétérogénéité des objets et permet ainsi de mieux saisir la façon dont le culte de Boubastis était répandu dans la société égyptienne ainsi que les raisons qui ont poussé le dévot (ou la dévote) à faire une offrande à la divinité. En ce sens, les inscriptions sur les ex-voto et les textes des stèles, en hiéroglyphes, en grec et en latin, sont absolument fondamentaux pour la présente étude. Bien qu'une lacune dans les informations archéologiques relatives aux objets soit clairement évidente en raison de la rareté des publications sur les contextes de découverte, la recherche sur le matériel publié a permis de comprendre la façon dont la perception de la déesse Bastet change au sein de la société ptolémaïque et romaine, par rapport à l'époque pharaonique.

Abstract

This study is focused on the cult of Bastet / Bubastis (the Greek form) in the Greco-Roman periodthrough the analysis of the votive objects dedicated to her. Bastet – from the Pharaonic age, is reveredin Egypt as a goddess with the appearance of a cat or as a woman with a cat's head with her mainattributes, the sistrum, the aegis and the basket. During the Ptolemaic period, Bubastis became one ofthe most important deities of the Egyptian pantheon, especially for its role as protector of pregnantwomen and small children. Moreover, the Lagidian kings and their wives promote her cult not onlythrough religious reforms, but also with the construction and restoration of sanctuaries dedicated to thegoddess, such as the recently discovered Bubasteion of Alexandria. In Roman times, the cult spreadacross the Mediterranean - especially in the Occident, to the borders of the Empire. The Romansassimilate a nearly Hellenized goddess who is the result of the Ptolemaic iconographic reworking ofBubastis and of the syncretism with Isis. The popularity of Bubastis is confirmed by the discovery ofnumerous ex-votos, often with stylistic and iconographic characteristics that are a mix betweenEgyptian and Greek culture. In addition, the Greeks of Egypt reworked the image of Bastet / Bubastisto make it coincide with the "taste" of the population of Greek culture, who did not identify with localvotive objects and also created new categories of ex-votos totally unrelated to the Egyptian cult of thegoddess. A corpus of all these material evidences has been drawn up, divided into six typologicalcategories: the statuettes of Bastet, the cat statuettes, the child statues, the steles, the votive tabletsand the statues with dedications. A further catalogue has been compiled which includes all votiveobjects found outside Egypt. Each category is composed of ex-votos that may have been made indifferent materials (bronze, terracotta or stone). The great heterogeneity of the objects - in addition toproviding a more precise overview of the different Egyptian productions of the Greco-Roman period,also allows us to understand how the cult of Bubastis was widespread in Egyptian society and thereasons that pushed the devotee (male or female) to offer something to divinity. In this sense, theepigraphs on the ex-votos and the texts of the stelae, in hieroglyphic, Greek and Latin, are absolutelyfundamental for the present study.