Claudio AVOGADRI

Diplôme :
Doctorat
Mention :
Religions et systèmes de pensée
Date :
mercredi 07 juillet 2021 - 14:00
La contingence dans la pensée de Jean Duns Scot. Possibilité de la création et liberté de la créature

Claudio AVOGADRI soutiendra sa thèse de doctorat préparée sous la direction de M. Olivier BOULNOIS

  • EPHE - Sorbonne - 17 rue de la Sorbonne 75005 Paris – Escalier E – 1er étage droite – Salle Gaston Paris
  • Jury : M. Olivier BOULNOIS, M. Hoffmann TOBIAS, M. Pasquale PORRO, M. Vincent HOLZER, M. Gilles BERCEVILLE

Résumé

Ce travail de thèse a pour but d’étudier la doctrine de la contingence dans la pensée de Jean Duns Scot. Sur ce point, Scot apporte vraiment quelque chose de propre et d’innovant, tant dans la réflexion cosmologique que dans la compréhension de la liberté, en s’éloignant définitivement de la tradition antérieure, bien que l’on puisse parfois déceler des influences importantes du contexte dans lequel il pensa et produisit. À travers une succession de quatre chapitres, qui visent à analyser quelques distinctions choisies de l’auteur, cet ouvrage s’attachera à étudier tout d’abord le rapport entre la foi en un Dieu créateur et la réalité contingente du monde : comment peut-on penser, en effet, la création d’une réalité effectivement autre que Dieu face à la donnée théologique irréductible de l’immutabilité divine ? Scot affronte et prend congé de la tradition philosophique précédente à travers un débat serré qui réinterroge la manière d’être cause du premier principe. Le deuxième chapitre, en revanche, analyse les conditions de possibilité de la contingence elle-même, que Scot clarifie à travers une doctrine renouvelée des idées divines, qui dépasse l’exemplarisme précédent grâce à la thèse des quatre instants de nature. Parallèlement, le Docteur Subtil traite également de la reformulation du possible logique, qui configure une autre manière de comprendre la relation de dépendance de la réalité au premier principe. Le troisième chapitre, partant du débat sur les futurs contingents, analyse en détail deux sujets spécifiques : la relation entre la liberté humaine et la connaissance divine au niveau du déterminisme logique, et le thème de la prescience divine. Enfin, le quatrième chapitre traite du dynamisme psychologique de l’acte contingent humain. Dans le sillon de l’école franciscaine, Scot se positionne dans un débat très vif dans le dernier quart du XIIIe siècle, portant sur la liberté de la volonté et son rapport avec l’intellect.

Abstract

The aim of this thesis is to study the doctrine of contingency in the thought of John Duns Scotus. About this subject, Scotus really does contribute something of his own and innovative, both in cosmological reflection and in the understanding of freedom, moving away definitively from the previous tradition, although at times one can detect important influences from the context in which he thought and produced. Through a succession of four chapters, which aim at analysing some of the author’s selected distinctions, this thesis will first study the relationship between faith in a creator God and the contingent reality of the world: how can one think, indeed, of the creation of a reality effectively other than God in the face of the irreducible theological datum of the divine immutability? Scotus confronts and goes beyond the previous philosophical tradition through a tight debate that challenges the way of being cause of the first principle. The second chapter, on the other hand, analyses the conditions of possibility of contingency itself, which Scotus clarifies through a renewed doctrine of divine ideas, which goes beyond the previous exemplarism thanks to the thesis of the four instants of nature. At the same time, Scotus also deals with the reformulation of logical possibility, which configures another way of understanding the relation of dependence of reality to the first principle. The third chapter, starting from the debate on contingent futures, analyses in detail two specific topics: the relationship between human freedom and divine knowledge at the level of logical determinism and the theme of divine foreknowledge. Finally, the fourth chapter deals with the psychological dynamism of the human contingent act. In the wake of the Franciscan school, Scotus takes the floor in a very lively debate in the last quarter of the thirteenth century on the freedom of the will and its relation to the intellect.