Carl-Loris RASCHEL

Diplôme :
Doctorat
Mention :
Histoire, textes et documents
Date :
samedi 11 décembre 2021 - 14:00
Associations professionnelles et corps de métier de l’Égypte romaine à l’Égypte byzantine

Carl-Loris RASCHEL soutiendra sa thèse de doctorat préparée sous la direction de M. Jean-Luc FOURNET

  • EPHE - Sorbonne - 17 rue de la Sorbonne, 75005 Paris - Salle Delamarre (D059)
  • Jury : M. Jean-Luc FOURNET, Mme Christelle FREU, M. Paul SCHUBERT, M. Constantin ZUCKERMAN, M. Jean GASCOU

Résumé

Cette thèse porte sur les mutations qu’a connu l’organisation des métiers en Égypte à la fin du IIIe siècle ap. J.-C. Son but est de répondre au débat ouvert il y a une vingtaine d’années sur la nature et la composition des koina professionnels qui apparaissent dans les papyrus d’époque byzantine, rompant avec les habitudes terminologiques, en montrant qu’ils prennent la suite des « corps de métier » (c’est-à-dire du regroupement de tous les artisans ou marchands exerçant la même activité) qui à l’époque romaine interagissaient déjà avec l’administration. Ceux-ci ne portaient aucun nom, et leurs représentants ne portaient pas de titre. L'institution des koina est contemporaine d'un changement des pratiques fiscales, consistant à faire peser l'impôt sur les collectivités plutôt que sur les individus. Remettant en question un modèle trop figé, ce travail vise à montrer que ces koina ont été réorganisés au cours du IVe siècle selon l’ancien modèle associatif. Pendant plusieurs décennies, ils ont répondu aux demandes des autorités en partageant les responsabilités entre plusieurs membres, sans servir de cadre de sociabilité. Des inscriptions de Thébaïde montrent que, dans la première moitié du IVe siècle, des forgerons se réunissaient en dehors du koinon pour célébrer certains cultes. Les premiers présidents ne sont élus que dans la seconde moitié du IVe siècle ; ils assument le même rôle vis-à-vis de leurs collègues que les présidents des anciennes associations professionnelles. Les premiers règlements ne datent que du Ve siècle. Leurs obligations vis-à-vis des autorités se modifièrent également tout au long de l’époque byzantine. Aux Ve et VIe siècles, ils participèrent plus directement à l’administration en finançant directement des services publics et en nommant eux-mêmes les titulaires de certaines charges municipales.

Abstract

The purpose of this thesis is to understand the changes of the craft organization in Egypt at the end of the 3th century. This work was inspired by the discussion reopened twenty years ago about the nature and the constitution of the professional koina to whom belong the craftsmen and merchants in the byzantine period. There is evidence that koina replaced the so-called « corps de métier » (i.e. the grouping of all craftsmen or merchants pertaining to one craft) which were already employed by the roman administration on purpose of taxation and deliveries in kind. These groups were not denominated by a specific term and their headmen did not bear any title. The creation of the koina goes with a change of the method of collecting taxes : the taxes are paid by communities rather than individuals. This thesis puts into question the idea that koina were established once and for all at the end of the 3th century : their internal structure changes and takes a form inspired by the ancient associative model. During several decades, they deal with the authorities through several members without title, sharing short term responsability, and they don’t serve as sociability framework. Upper Egypt inscriptions show that in the first half of the 4th century, ironworkers meet outside the koinon in order to celebrate rituals. The first koina presidents are elected in the second half of the 4th century, and they regain the whole function of the presidents of the late professionnal associations. The first byzantine ordinance is from the 5th century. Their duties towards state administration and egyptian cities are not frozen during byzantine times. In the Vth and 6th centuries, they more deeply take part in the administration by paying directly public services and nominating municipal office holders.