Béatrice DELAURENTI

Diplôme :
HDR
Date :
samedi 18 juin 2022 - 14:00
Religion, science et magie au Moyen Âge : de l’âme aux corps

Béatrice DELAURENTI présente ses travaux en soutenance en vue de l'obtention de l'Habilitation à diriger des recherches

  • Lieu : Institut National d'Histoire de l'Art, salle Peiresc (RDC), 2 rue Vivienne, 75002 Paris
  • Jury : M. Alain Boureau, Mme Joëlle Ducos, M. Christophe Grellard, Mme Isabel Iribarren, Mme Maaike van der Lugt, M. Joseph Ziegler, M. Nicolas Weill-Parot (garant)

Le dossier, intitulé Religion, science et magie au Moyen Âge : de l’âme aux corps, rassemble quatre volumes : un mémoire de synthèse intitulé Au cœur de la machine (vol. 1), un recueil d’articles publiés (vol. 2), un ouvrage paru en 2016 sous le titre La contagion des émotions. Compassio, une énigme médiévale (vol. 3) et un mémoire inédit intitulé Fascination. Une histoire intellectuelle du mauvais œil (1140-1440) (vol. 4).

Béatrice Delaurenti est maître de conférences à l’EHESS. Ses recherches portent sur les relations entre religion, science et magie à l’époque médiévale. Elle étudie l’histoire intellectuelle de l’action à distance et les élaborations doctrinales sur la relation de l’âme et du corps et le pouvoir de l’imagination. Elle a dirigé avec Alain Boureau une entreprise collective d’édition des Problemata de Nicole Oresme, grande figure intellectuelle de la deuxième moitié du XIVe siècle et supervise l’élaboration d’une base de données de formules d’incantations médiévales, Carminabase. Elle a assumé la co-direction du Centre de Recherches historiques (UMR 8558) de l’EHESS de 2018 à 2022. Le mémoire inédit du dossier d’habilitation est une enquête sur la fascination, ou mauvais œil, un système de croyances et de pratiques attribuant au regard un pouvoir de nuisance sur les hommes et les animaux. Entre le XIIe et le XVe siècle, des philosophes, médecins et théologiens se sont intéressés au phénomène de fascination, cherchant à en expliquer les ressorts et en démonter les mécanismes. Ils l’ont fait en réaction à la lecture d’un texte d’Avicenne traduit en latin dans la deuxième moitié du XIIe siècle, le De anima, IV, 4, dans lequel est affirmé que l’homme peut agir au-delà des limites de son corps par la seule force de son âme, avec la médiation de son regard. Cette proposition polémique a eu une impressionnante postérité dans les controverses de l’époque scolastique. Les idées d’Avicenne sur le pouvoir de l’âme en dehors du corps ont posé toutes sortes de problèmes aux auteurs latins. La réception de cette doctrine constitue le fil conducteur de l’ouvrage, qui présente les usages d’une doctrine et les discussions savante qu’elle a soulevée sur le pouvoir du regard à partir d’un important corpus de textes rédigés entre 1140 et 1440.