Ayse AKYUREK

Diplôme :
Doctorat
Mention :
Religions et systèmes de pensée
Date :
mercredi 05 mai 2021 - 14:00
La Néo-Mevleviye ou l’émergence d’un confrérisme à la confluence du soufisme et du New Age en Turquie contemporaine

Ayse AKYUREK soutiendra sa thèse de doctorat préparée sous la direction de M. Thierry ZARCONE

  • EPHE - Maison des Sciences de l'Homme - 54 bd Raspail - 75006 Paris - Salle 17
  • Jury : M. Thierry ZARCONE, Mme Rachida CHIH FAULKS, M. Alexandre PAPAS, M. Jean-François MAYER, Mme Azadeh KIAN, M. Jean-Pierre BRACH

Résumé

Le confrérisme soufi est une problématique récurrente au sein de la Turquie. Interdites par une loi promulguant la fermeture des couvents soufis et bannissant l'usage des titres religieux soufis, dès la fondation de la République au début du XXe siècle, les confréries soufies (tarikat) ont été contraintes à décliner, à l'exception de celles qui ont su vivre dans la clandestinité. Ayant pour particularité d'être une confrérie institutionnelle, dont le couvent était la clé de voûte, la Mevleviye a fait partie des confréries qui ont disparu. Aujourd'hui, émergent de nouveaux « groupes » se revendiquant mevlevis et procédant chacun à leur manière, à la réinvention d'une tradition mevlevie. Ce travail est donc une étude du fait religieux contemporain qui se donne pour but d’analyser le phénomène confrérique d’un point de vue socio-anthropologique. En parallèle, elle retrace la trajectoire de la Mevleviye ottomane et élabore l’histoire du temps présent de la Mevleviye actuelle. A travers l'exemple du cas mevlevi, elle met en évidence l’apparition des nouveaux confrérismes qui, d’une part contournent la loi républicaine, et d’autre part, contournent les principes fondamentaux de l'Ordre soufi auquel ils se rattachent. L’objectif est d’analyser les acteurs et la structure de cette nouvelle Mevleviye polycéphale et protéiforme. Les nouvelles croyances et pratiques qui y règnent sont décrites afin de mettre en évidence l'influence du New Age sur les nouvelles formes de sociabilité soufie dans le paysage confrérique turc, et le caractère hybride de celles-ci.

Abstract

Sufi brotherhood is a recurring problem in Turkey. Prohibited by a law promulgating the closure of Sufi convents and banning the use of Sufi religious titles, from the founding of the Republic at the beginning of the 20th century, the Sufi brotherhoods (tarikat) were forced to decline, with the exception of those who knew how to live in hiding. Having the particularity of being an institutional brotherhood, of which the convent was the keystone, the Mevleviye was one of the brotherhoods that have disappeared.Nowadays, we are observing the emergence of new “groups” claiming to be Mevlevis and each proceeding in their own way, to reinvent a Mevlevi tradition. This work is therefore a study of contemporary religious fact which aims to analyze the brotherhood phenomenon from a socioanthropological point of view. At the same time, it traces the trajectory of the Ottoman Mevleviye and develops the present-day history of the current Mevleviye. It highlights through the example of the mevlevi case, the emergence of new brotherhoods which, on the one hand bypass the republican law, and on the other hand, bypass the fundamental principles of the Sufi order to which they are attached. Its purpose is therefore to analyze the actors and the structure of this new polycephalous and protean Mevleviye. The new beliefs and practices of the actors are underlined in order to highlight the influence of the New Age on the new forms of Sufi sociability in the Turkish brotherhood landscape, and the hybrid character of these.