Amalia SALVESTRINI

Diplôme :
Doctorat
Mention :
Religions et systèmes de pensée
Date :
jeudi 31 mars 2022 - 09:00
L’artifex dans la pensée franciscaine

Amalia SALVESTRINI soutiendra sa thèse de doctorat préparée sous la direction de M. Olivier BOULNOIS et M. Federico VERCELLONE

Co-tutelle avec l'université de Gênes (ITALIE).

  • Università di Torino, Palazzo Nuovo, via Sant'Ottavio 20, Turin - Italie. Salle : "Filosofia antica" du "Dipartimento di Filosofia e Scienze dell'educazione"
  • Jury : M. Olivier BOULNOIS, M. Federico VERCELLONE, M. Sylvain PIRON, Mme Fosca MARIA NIZINI, M. Dominique POIREL, M.Salvatore TEDESCO

Résumé

Notre travail se propose d’interroger certains textes pré-modernes, ceux du Moyen Âge franciscain en particulier,pour comprendre comment la figure de l'artifex et l'expérience de la production d'artefacts ont fait l'objet d'une réflexion que l'on pourrait qualifier d'« esthétique », avant même la naissance de l'esthétique en tant que discipline. Le phénomène de la poiesis est pensé tout au long de la période médiévale par moyen d’une distinction fondamentale, c’est-à-dire celle entre l’artifex humain et l’artifex divin. Sur la base de cette distinction, la poiesis n’est pas considérée comme une création à partir du néant par quelqu’un qui, en dehors d’un ordre à la fois cosmique et métaphysique, obéit seule aux lois qu’il se donne de manière autonome. Au contraire, penser lapoiesis à cette époque implique de prendre conscience de l’ordre dans lequel l’artifex se place, des critères auxquels il se conforme et qui sont l’expression des choix originaires par lesquels le Dieu artifex a créé le monde. La réflexion franciscaine sur l'artifex est ici étudiée à partir d'un corpus de textes de Bonaventure de Bagnoregio, Pierre de Jean Olivi, Jean Duns Scot et Guillaume d'Ockham. Le Volume 1 étudie la constitution philosophique de l'artifex. Tout d'abord, sa genèse est observée à travers les sources scripturaires, philosophiques et rhétoriques (Partie I). Deuxièmement, les perspectives franciscaines sur l'artifex sont reconstruites à travers l'articulation de l'activité poïétique dans le projet, l’oeuvre et la réalisation (Partie II). Dans la dernière partie, consacrée au passage de l'artifex à l'artiste (Partie III), à la lumière du chemin parcouru on s'interroge sur la possibilité d'une"esthétique" franciscaine, ainsi que sur le passage de celle-ci à l'art franciscain. Enfin, quelques axes de recherches ont ouverts sur les relations possibles entre l'artiste franciscain et les théories artistiques de la Renaissance. Dans le Volume 2 de la thèse (Annexe : Les paroles. L'espace sémantique de l'artifex) la documentation commentée du corpus de textes des quatre auteurs franciscains est mise à disposition.

Abstract

This work aims to question some pre-modern texts, those of the Franciscan Middle Ages in particular, in order to understand how the figure of the maker (artifex) and the experience of artificial production were the subject of a reflection that we could call "aesthetic", before the birth of Aesthetics as a discipline. The phenomenon of poiesis in the Middle Ages is conceptualised through a fundamental distinction, namely that between human and divine maker. On the basis of this distinction, poiesis is not considered as a creation from nothing by someone who, outside of a cosmic and metaphysical order, obeys only the laws he gives himself. On the contrary, thinking of poiesis in this period implies being aware of the order in which the maker places himself, of the criteria to which he conforms and which are the expression of the original choices through which God the artifex created the world. Franciscan reflection on the maker is studied here from a corpus of texts by Bonaventure of Bagnoregio, Peter of John Olivi, John Duns Scotus and William of Ockham. Volume 1 studies the philosophical constitution of the maker. Firstly, its genesis is observed through scriptural, philosophical and rhetorical sources (Part I). Secondly, the Franciscan perspectives on the maker are reconstructed through the articulation of the poietic activity in project, work and fruition (Part II). In the last part, dedicated to the passage from the artifex to the artist (Part III), in the light of the path taken, the possibility of Franciscan "aesthetics" is questioned, as well as the passage from these to Franciscan art. Finally, some lines of research are opened on the possible relations between the Franciscan maker and the artistic theories of the Renaissance. In Volume 2 of the dissertation (Appendix: The words. The semantic space of the artifex) the commented documentation of the corpus of texts of the four Franciscan authors is made available.